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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Navi Pillay, Nobel de la paix : le sacre d’une juriste dans une Afrique du Sud sous tension

Le comité norvégien a distingué la juriste sud-africaine, ancienne haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. L’annonce intervient alors que son pays est traversé par une vague de violences xénophobes.

Navi Pillay a été annoncée vendredi lauréate du prix Nobel de la paix 2026. Le comité d’Oslo la récompense « pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international ». Selon lui, elle a joué un rôle déterminant pour que crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide soient poursuivis. Les membres du comité n’avaient pas pu la joindre avant l’annonce : elle participait à un forum à Nuremberg, ville du procès des dirigeants nazis.

Une carrière née de l’apartheid

Née à Durban en 1941 dans une famille d’origine indienne, Navanethem Pillay a grandi sous l’apartheid. Elle ouvre un cabinet d’avocate dans le Natal, ce qui était alors exceptionnel pour une femme non blanche, et défend des militants anti-apartheid. Elle devient ensuite une figure majeure de la justice pénale internationale : juge puis présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda (1999-2003), où elle contribue à une jurisprudence historique reconnaissant le viol comme instrument de génocide, puis juge à la Cour pénale internationale. Elle a dirigé le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme de septembre 2008 à août 2014. Elle a également été désignée juge ad hoc à la Cour internationale de justice dans l’affaire Gambie c. Myanmar, qui porte sur des accusations de génocide.

Plus tôt cette année, elle avait reçu le prix Olof Palme avec le juriste John Dugard, pour leur engagement en faveur de la défense des droits humains, après le Sydney Peace Prize 2025.

Un prix qui divise

Le Nobel ne fait pas l’unanimité. Newsweek anticipe une controverse autour de la présidence par Pillay de la commission onusienne qui a conclu à un génocide à Gaza. Israël rejette ces conclusions, et la Cour internationale de justice n’a pas encore tranché au fond l’affaire déposée par l’Afrique du Sud. Le président Cyril Ramaphosa a pour sa part félicité la lauréate pour son action en faveur de la paix, de la justice et du droit international.

Un pays à cran

L’Afrique du Sud traverse depuis le printemps une crise xénophobe. Fin juin, La Libre décrivait un mouvement porté par des partis, des organisations antimigrants et des chefs traditionnels, avec des marches où dominaient des hommes en tenue zouloue, et affirmait qu’au moins 25 000 étrangers avaient déjà fui les violences. Le quotidien rappelait que les émeutes de juillet 2021, après l’arrestation de Jacob Zuma, étaient parties du KwaZulu-Natal. Selon lui, le parti MK de l’ancien président n’a pas caché son ralliement au mouvement actuel.

Les incidents de la veille de l’annonce s’inscrivent dans ce climat, mais ils ont un déclencheur propre. Hier, jeudi 8 octobre, des manifestations hostiles aux migrants ont dégénéré à Soweto et à Durban, sur fond de décision de justice et de demandes d’asile. Selon Euronews, plus de vingt véhicules ont été incendiés et des commerces d’étrangers pillés ; à Durban, la police fait état de 14 véhicules brûlés et de trois interpellations.

Il faut éviter les raccourcis : ces mobilisations ne représentent pas l’ensemble de la communauté zouloue. Elles se nourrissent d’une crise sociale profonde, faite de chômage et d’inégalités.

Un contraste frappant

Durban, ville natale de la lauréate, est aussi l’un des foyers des violences visant les étrangers. Pillay a bâti sa carrière sur l’idée que la dignité humaine ne dépend ni de l’origine ni de la nationalité, alors que des manifestants ciblent aujourd’hui des migrants africains. Le comité Nobel n’a établi aucun lien entre son choix et ces événements. L’honneur fait à l’une de leurs compatriotes peut toutefois être lu, par beaucoup de Sud-Africains, comme un rappel des valeurs de la nation arc-en-ciel au moment où elles sont mises à l’épreuve.

La cérémonie de remise aura lieu le 10 décembre à Oslo.