Réunis à Addis-Abeba, gouvernements, bailleurs et humanitaires cherchent à remplacer la distribution de repas par des solutions qui nourrissent durablement. Le continent compte 309 millions de personnes sous-alimentées, et l’argent extérieur se raréfie. Mardi 3 novembre, le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba a accueilli une rencontre de haut niveau organisée avec la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, sous le thème « Advancing Durable Solutions Towards Zero Hunger in Africa ». L’ambition affichée : cesser de courir derrière chaque crise et bâtir des solutions qui durent. L’urgence, elle, ne laisse aucun répit. Selon le dernier rapport des agences onusiennes sur la sécurité alimentaire, publié en juillet, environ 309 millions d’Africains étaient sous-alimentés en 2025. Pour la première fois, le continent dépasse l’Asie (292 millions) au triste classement de la faim, alors que ce chiffre était de 171 millions en 2010. Et pendant que la faim recule ai...
Music news
Obtenir le lien
Facebook
X
Pinterest
E-mail
Autres applications
Amoureux de la musique d’inspiration jamaïcaine, de messages d’amour d’espoir et de paix, boulimiques de bon son à la sauce urbaine, voici vos Music News.
BAD : Build A Direction by Twan Tee
Quand vous trouvez des qualités à un artiste et qu’à chacune de ses sorties vous êtes surpris, touché, emballé, puis en attente de la prochaine production , il y a toujours cette petite appréhension avant l’écoute d’une nouveauté. Cette peur de ne pas accrocher, cette crainte d’un virage artistique auquel vous n’adhèreriez pas, etc. Et voilà que vous cliquez. Le son, le riddim, la voix vous procurent cette vibration unique qui va générer enthousiasme et envie de réécouter, puis de partager avec plaisir. Ce partage est une déclaration au monde et plus précisément à ceux qui vous entourent pour montrer que ce son participe à votre quête infinie de bon son , à votre appétit de good vibes. Pas juste « j’aime bien » mais vraiment « je me sens bien sur ce son, quand je l’entends ça me procure un regain d’énergie ».
Et bien c’est exactement ce qui nous fait dire que Twan Tee est un grand et qu’il mérite à nouveau toute votre attention avec cette nouvelle sortie : BAD. Sorti aujourd’hui à l’heure du crime. Aucun alibi, c’est sur toutes les plateformes. À écouter innocemment. Plaisir coupable à traquer ici :
For All : Marcus Gad choisit la sérénité, et ça marche
Le nouvel album de l'artiste néo-calédonien, For All réunit à la production Tamal et Tribe sur le label Big Scoop Records de Naâman. Une fusion des genres maîtrisée, au service d'un parti pris rare : la douceur comme posture artistique.
Il y a des albums qui cherchent à convaincre. For All préfère envelopper. Dès les premières mesures, Marcus Gad pose un cadre et ne le quitte plus : celui d'un reggae apaisé, organique, qui avance sans jamais hausser le ton. Sur quarante minutes, pas un éclat de voix, pas une rupture de trop. C'est un choix. Et c'est assumé jusqu'au bout.
"For All" : deux mots, un programme
Le titre n'est pas anodin. For All — pour tous — c'est à la fois le nom de l'album et celui d'un de ses morceaux : une pièce lente, profondément roots, qui en constitue peut-être le cœur. Là où d'autres artistes auraient mis en avant le titre le plus accrocheur, Marcus Gad choisit de nommer l'ensemble à partir de son moment le plus dépouillé. Ce faisant, il dit quelque chose sur ses intentions : pas un reggae de niche, pas un reggae identitaire fermé sur lui-même, mais une musique qui s'adresse à tout le monde sans se diluer pour y parvenir.
Pour un artiste kanak qui s'est imposé dans un espace encore très jamaïco-centré, ce For All a aussi une résonance particulière. Marcus Gad n'a jamais eu besoin de revendiquer ses origines pour les incarner. Il les porte autrement — dans la fluidité, dans cette sérénité pacifique au sens propre du terme, dans une façon d'habiter le reggae qui n'appartient qu'à lui.
Tamal et Tribe : la rencontre qui tient l'album
La vraie nouveauté de For All, c'est en cabine qu'elle se joue. Réunir Tamal et Tribe à la production sur un même projet, c'est croiser deux univers — l'un ancré dans le roots contemporain, l'autre plus tourné vers les textures électroniques et la soul. Le résultat ne sonne pas comme un compromis mais comme une synthèse : les lignes de basse restent profondes, les percussions respirent, et des couches plus modernes viennent habiller l'ensemble sans jamais l'alourdir.
The Code, en feat avec Dezarie, illustre parfaitement ce que cette production permet. Le morceau marque une transition nette : on part d'un ancrage roots solide pour glisser vers un toast résolument moderne, sans que la couture ne se voie. Dezarie apporte une présence vocale qui contraste avec la retenue habituelle de Marcus Gad — la rencontre crée une tension douce, exactement ce dont l'album avait besoin à ce moment-là.
Big Scoop Records — le label de Naâman — confirme ici une cohérence artistique : on n'est pas là pour faire du chiffre, on est là pour faire des disques.
Cool and calm, de bout en bout
Vocalement, Marcus Gad n'a jamais cherché la démonstration. Sur For All, il radicalise ce principe. La voix est posée, presque suspendue par moments, portée par des refrains simples qui s'installent naturellement. Strong en est l'exemple le plus évident : une rythmique envoûtante, un refrain qui n'a pas besoin de crier pour rester en tête. Nah Identify fonctionne différemment — plus entraînant, plus direct — mais avec la même économie de moyens. Pas de surenchère. L'émotion passe parce qu'elle n'est pas forcée.
On pense par moments à Protoje pour la fluidité du flow, à Ijahman pour la spiritualité qui sourd de chaque piste. Mais Marcus Gad n'imite personne. Il a depuis longtemps trouvé son propre registre.
La lisseté comme parti pris
Le mot "lisse" pourrait sembler réducteur. Il ne l'est pas ici. Dans un paysage musical saturé de bruit et de tension, choisir la sérénité de bout en bout est une position. For All ne cherche pas à secouer — il cherche à rassembler, à créer un espace où l'auditeur peut souffler. C'est une fonction que le reggae a toujours connue, et que peu d'artistes contemporains assument avec cette cohérence.
Ce n'est pas un album sans limite : l'homogénéité de l'atmosphère peut, sur quelques passages, faire perdre les repères. Certains morceaux se fondent dans la continuité plus qu'ils ne s'en distinguent. Mais c'est peut-être le prix de cette unité de ton — et Marcus Gad la tient jusqu'au bout.
For All ne révolutionne rien. Il fait mieux : il rappelle qu'un album peut être une respiration. Marcus Gad signe une œuvre cohérente, finement produite, qui confirme sa place singulière dans le reggae international — celle d'un artiste qui a construit son propre espace, loin des modes, et qui continue d'y habiter avec une rare élégance.
For All donne envie d'inviter Marcus Gad chez soi. Concert privé, salon, quelques potes. Rien de plus.
Si il y a un truc qu'on peut reconnaître à Shaggy, c'est qu'il a bien la formule. Celle qui, depuis tant d'années, peut le placer en haut des charts dès lors qu'il cherche un tant soit peu à nous donner un peu plus que cette recette facile dont il est coutumier et qu'on retrouve d'ailleurs dans cet album avec pour seule interrogation le calendrier des rotations sur les ondes FM.
Mais lorsqu'il va chercher un peu plus loin, quel délice ! On ne veut pas ici minorer son talent, sa discographie et les récompenses qui l'accompagnent (2 Grammy Awards pour lle meilleur album reggae en 1996 et 2019) plaident largement en sa faveur, et peut-être est-il de plus en plus difficile de se remettre en question, de se renouveler au bout de 16 albums et un EP.
L'album s'ouvre sur un sublime "God is amazing" accompagné du dub poet révolutionnaire, acteur et militant rastafari jamaïcain, et de la chanteuse Vanessa Amorosi, dont la voix soul puissante et aérienne rappelle celle de Jewell qui accompagne Snoop Dogg et Dr Dre sur "F*ck With Dre Day (And everybody celebrating)". Si ce n'est pas de la recette ça? Tout comme ce petit riff de guitare a quelque chose qu'on ne saurait définir mais qui fait immédiatement penser à Keznamdi, récemment primé aux Grammy... Et puis, il y a cette voix qui est la sienne. Une signature vocale unique, un flow qui peut chicoter n'importe quel riddim en un toast incisif ou en une mélodie bien placée. Claque.
Remis de ce premier choc, arrive Lottery. Là encore, en un formidable clin d'oeil au dancehall mondial et au WYLF riddim qui a récemment enflammé le milieu, Shaggy pose aux côtés de Jeremih et rappelle à ses détracteurs qu'il n'a jamais quitté le dancehall. Il aura suffit de deux titres pour remettre les pendules à l'heure et de revenir à son gagne pain : les hits de l'été. Et c'est parti... entouré d'Akon et Aidonia, "Boom Body" sent les discothèques de camping. Pas vraiment ce qu'on préfère de l'artiste mais c'est aussi grâce à ces summer hits que le dancehall rayonne au-delà des sound systems. Pour la suite de l'album, ça coule tout seul. On a également apprécié la reprise soul de Bill Weathers "Ain't no sunshine" faite avec Sting. Mais notre attente a été quelque peu déçue après l'emballement à l'écoute des deux premiers titres de l'album.
Ce serait une course de fond, on dirait que Shaggy a retrouvé la foulée qui lui permet rester au contact du peloton de tête et de paraître facile quelque soit l'allure. Maintenant, on est à l'abri de rien, le goût du public, une trend TikTok, une pub, ou un jeu vidéo, une scène de film, et il rafle tout sans qu'on l'ait vu revenir. Parce que malgré tout, c'est très bon. Et on l'a dit plus haut : il a la recette.
L’artiste reggae Stranjah Miller dévoile son nouvel opus Awake Album, désormais disponible sur toutes les plateformes de streaming. Composé de 15 titres, ce projet s’inscrit dans une rencontre entre l’héritage du reggae roots et l’énergie contemporaine du mouvement reggae revival.
Avec Awake, Stranjah Miller propose un voyage musical où conscience, spiritualité et vibrations positives occupent une place centrale. Porté par des basses profondes, des rythmiques solides et des mélodies inspirées, l’album reste fidèle à l’esprit du reggae tout en s’inscrivant dans son renouveau actuel.
À travers ces quinze morceaux, l’artiste invite les auditeurs à un véritable éveil — comme le suggère le titre de l’album — mêlant message, groove et authenticité. Un projet qui devrait séduire autant les amateurs de reggae roots que les nouvelles générations sensibles à l’esthétique du reggae revival.
Disponible dès maintenant, Awake marque une nouvelle étape dans le parcours musical de Stranjah Miller et confirme sa volonté de porter un reggae conscient, ancré dans la tradition mais tourné vers l’avenir. Enjoy.
À l’occasion de la Journée de la Terre, l’artiste saint-lucien Taj Weekes lance Climate Justice, un nouveau single qui alerte sur l’impact disproportionné du changement climatique sur les petites nations insulaires.
À travers son reggae engagé, Taj Weekes rappelle une réalité souvent ignorée : ceux qui contribuent le moins aux émissions mondiales de gaz à effet de serre sont parmi ceux qui en subissent les conséquences les plus graves.
“The sun still rises, the rivers still flow – we can power tomorrow with the winds that blow.”
« Le soleil se lève toujours, les rivières coulent toujours : nous pouvons bâtir l’avenir grâce aux vents qui soufflent. »
Né à Sainte‑Lucie, Taj Weekes s’inscrit dans la tradition du reggae conscient : utiliser la musique comme un outil de mobilisation sociale et politique.
Avec Climate Justice, il rappelle que pour les populations insulaires, le changement climatique n’est pas une idée abstraite :
🌊 montée des eaux
⛈ tempêtes plus violentes
⚠️ vulnérabilité économique accrue
Mais son message porte aussi une note d’espoir : les ressources naturelles — soleil, vent, eau — peuvent devenir les moteurs d’un avenir durable.
Cette sortie s’inscrit dans l’élan international porté par le Caribbean Climate Justice Project, qui souligne le rôle essentiel de la culture et de la musique pour sensibiliser et mobiliser face à l’urgence climatique.
🎧 Un reggae militant qui rappelle que la justice climatique est aussi une question de justice tout court.
La légende du reggae jamaïcain Burning Spear revient avec un projet singulier et profondément collectif. Son nouvel album, Call On Me, crédité à Burning Spear and Friends, rassemble 16 titres enregistrés en live lors de ses dernières tournées internationales.
L’album débute sur une version habitée de son classique « Call On You », captée pendant le Do the Reggae Tour à l’automne 2025 aux côtés de Ziggy Marley. Ce morceau devient le fil rouge du projet : chaque invité en livre ensuite sa propre interprétation dans un esprit de call and response, principe hérité des traditions africaines et profondément ancré dans l’esthétique du reggae.
Autour de Burning Spear, une génération d’artistes et de compagnons de route se relaie ainsi sur le même riddim, toujours en live. Le casting est à la hauteur de la stature du maître jamaïcain : Julian Marley, Luciano, Big Youth, Brinsley Forde, Hempress Sativa, Liz Tomlinson & Virgo, Kumar Fyah, Lawgiver the Kingson, Mytania « Zazan » Samuels, Glen Washington, Queen Ifrica, Alpha Blondy, Kenyatta Hill, ainsi que le producteur et percussionniste français Matthew Nya Humble Lion.
Mais Call On Me dépasse largement le cadre d’un simple album live. Le projet porte également une dimension humaine et solidaire forte. Burning Spear a choisi de dédier ce disque aux victimes de l’ouragan Melissa qui a récemment frappé la Jamaïque, et une partie des bénéfices sera reversée aux populations touchées.
L’album s’inscrit aussi dans une démarche de sensibilisation aux maladies graves, notamment le cancer et Alzheimer, qui ont durement marqué l’entourage de l’artiste. Le projet rend hommage à plusieurs proches disparus : Kevin Thompson, le fils de Burning Spear ; Caveri Marley, la fille de Julian Marley ; ainsi que Jordan Stewart, petit-fils de Marci — la sœur de Sonia Rodney, épouse de Spear. Tous trois ont succombé à ces maladies. À cette douleur s’ajoute la lutte personnelle que mène aujourd’hui l’épouse du chanteur, atteinte de démence frontale.
Fidèle à son engagement de toujours, Burning Spear profite également de cet album pour réaffirmer l’héritage spirituel et politique de Marcus Garvey, figure centrale de son œuvre. À travers ces performances partagées, le chanteur rappelle l’importance des racines, de la conscience historique et de la transmission culturelle auprès des jeunes générations.
Dans le prolongement de cette démarche, la tournée Marcus Garvey Self-Reliance Tour reprendra cet été, poursuivant sur scène le message de résistance, d’unité et de dignité qui traverse toute la carrière de Burning Spear.
Artwork par Neasso & Oreus
AZROCK : un album posthume pour raviver la flamme du dancehall français
Près de dix ans après sa disparition, la voix d’Azrock résonne de nouveau. L’artiste de Montreuil revient aujourd’hui avec un album posthume intitulé Tout feu, tout flamme, une sortie qui ravive la mémoire d’un pionnier du dancehall francophone.
Figure incontournable de la scène reggae et dancehall française, Azrock — de son vrai nom Rodolphe Clément — a marqué toute une génération avec son style brut et son énergie scénique. Originaire du 93, il fait partie de ces artistes qui ont contribué à l’essor du dancehall en France aux côtés de noms comme Tonton David, Daddy Yod ou encore Nuttea. Son hit “Bouge”, notamment, a marqué les Antilles et l’Hexagone au début des années 2000, confirmant son statut de vétéran du genre.
Décédé le 26 mars 2016, l’artiste laisse derrière lui une discographie faite de singles et de collaborations, mais relativement peu d’albums complets — une anomalie pour un artiste aussi influent.
Un projet relancé pour lui rendre hommage
L’album Tout feu, tout flamme trouve son origine dans un projet que le chanteur avait commencé à développer avant sa disparition. Le travail avait été initié avec le musicien et producteur François “Cisko” Laclotte et enregistré au Guardian House Studio à Montreuil. Plusieurs titres avaient été posés, dessinant les contours d’un disque fidèle à l’esprit dancehall qui caractérisait l’artiste.
Ce projet, resté en sommeil pendant plusieurs années, refait aujourd’hui surface grâce au travail du label parisien Patate Records, qui a choisi d’en faire un hommage à l’un des artisans de la scène reggae hexagonale.
“Party Time”, premier extrait
Parmi les titres dévoilés figure “Party Time”, premier extrait du projet. Dans la pure tradition dancehall, le morceau célèbre l’ambiance des soirées sound system et l’énergie des pistes de danse. Une vibe festive et décomplexée, fidèle à l’esprit qui a toujours animé Azrock. 15 titres au programme de ce "Tout feu, tout flamme", dont des duos avec Chronicle, Kalash, Taïro, Lieutenant & Nassi et en bonus, une intro signée Konshens !
Une mémoire toujours vivante
Pour les amateurs de reggae et de dancehall francophone, la sortie de Tout feu, tout flamme est plus qu’un simple album : c’est la réapparition d’une voix qui a participé à écrire une page importante de cette culture en France.
Dans un paysage musical où les pionniers sont parfois oubliés, ce disque rappelle qu’Azrock fut l’un de ceux qui ont porté le dancehall francophone à ses débuts, des sound systems improvisés jusqu’aux scènes internationales.
Avec Tout feu, tout flamme, la flamme qu’il avait allumée dans le reggae français continue de brûler. C'est produit par Cisko et disponible dès ce jeudi 26 mars 2026 sur le label Patate Records.
"Wake Up" le nouvel album d'Original Tomawok
Beaucoup s’en revendiquent. Mais qui fait encore vivre ce style aujourd’hui ?
On les compte sur les doigts d’une main. Et si l’on vous dit qu’il existe encore de la nouveauté dans ce genre très prisé aux premières heures du ragga, mais aujourd’hui quelque peu oublié, on vous imagine déjà froncer les sourcils pendant que votre cerveau fouille sa discothèque en vain. Allez on arrête le suspens, il s’agit de Original Tomawok dont le dernier album « Wake Up »vient de sortir.
C’est sorti fin février, et Tomawok débite avec cette verve lyricale qu’on entend plus. Un débit qui vous propulse à l’époque des sound systems. Là où il fallait performer et impressionner une assistance de connaisseurs. Avec un flow clair et chirurgical. Pas de simples « badabadabad bad bad ! » mais de véritables lyrics construits : jeux de mots, calembours, assonances, allitérations, rimes multisyllabiques… le tout en rythme et avec du sens. Pas sur 16 mesures, sur un album. 10 titres. Oui vous pouvez applaudir. Et tendre l’oreille, car l’homme a des choses à dire. Beaucoup. Et c’est peut-être l’une des raisons de ce choix de débit. Il n’y a qu’à écouter attentivement.
Dès le début, avec « Petit soldat », entouré d’une trompette, d’une clarinette, et d’un trombone, il nous embarque dans un univers enjoué et festif. Les riddims sont volontairement ciselés, épurés (merci D&H, Dreadsquad, Krak In Dub ou et Derrick Sound) et, sur cette nouveauté, la fraicheur de ce « MC d’attaque! MC d’attaque ! » fait du bien.
Comme sur ce « Wake Up », où accompagné de Seuss Mace, il lance un véritable appel à s’éveiller. Ah oui côté feat, Tomawok n’a pas rigolé : Mr Lexx. Ça vous donne un bon aperçu de ce que souhaite proposer Tomawok : un album complet, une proposition différente, certes teintée de nostalgie mais qui fait tellement plaisir à écouter… Avec « Wake Up », Original Tomawok rappelle que le raggamuffin n’est pas un vestige des sound systems : c’est une arme lyrique toujours prête à tirer.
Franchement… ça faisait combien de temps que vous n’aviez pas entendu du raggamuffin ?
L’album est disponible sur toute les plateformes.
À mesure que les versions du WYFL Riddim se multiplient, un autre temps du mouvement s’ouvre, plus discret mais tout aussi déterminant : celui des DJs et selectors. Car si les artistes donnent vie au riddim, ce sont les passeurs de sons qui, in fine, décident de sa longévité, de sa hiérarchisation et de la manière dont il s’inscrit dans la mémoire collective.
Dans l’histoire du reggae et du dancehall, les grands one riddim ne se sont jamais imposés uniquement par l’accumulation de versions. Ils ont survécu grâce aux mixes, aux enchaînements intelligents, à la capacité d’un selector à raconter une histoire cohérente à partir d’une matière foisonnante. Le WYFL se trouve aujourd’hui exactement à ce point de bascule. Le volume de propositions est tel que le public n’attend plus seulement de nouvelles voix, mais une lecture, une mise en perspective.
Le travail du DJ devient alors un exercice d’équilibriste. Il ne s’agit pas simplement d’empiler les morceaux les plus populaires, mais de créer des transitions qui respectent les énergies, les thématiques et les tempos. Passer d’une version hardcore à une prise plus mélodique, intégrer une performance féminine forte ou faire dialoguer une voix émergente avec un ténor international, relève d’une véritable écriture sonore.
C’est aussi à travers ces mixes que se construit une forme de justice artistique. Dans un flux continu de sorties numériques, certaines versions risquent de passer sous le radar si elles ne sont pas mises en valeur par un selector attentif. À l’inverse, un enchaînement bien pensé peut révéler un artiste inconnu, replacer une version francophone dans un contexte international, ou montrer à quel point des voix venues d’horizons très différents peuvent cohabiter sur une même base rythmique sans se neutraliser.
Le WYFL offre un terrain de jeu idéal pour ce type d’exercice. Sa structure rythmique suffisamment stable, mais jamais monotone, permet aux DJs de travailler sur les nuances, les silences, les montées de tension. On attend désormais les mixes capables de faire émerger un récit global : non pas “la meilleure version”, mais une trajectoire, un voyage à travers les multiples visages du riddim.
Dans les sound systems, les émissions radio spécialisées, les plateformes de streaming ou les mixtapes diffusées sur les réseaux, ces lectures vont jouer un rôle clé. Elles permettront de fixer des repères, d’installer des classiques au sein même du riddim, et peut-être de déterminer quelles versions resteront lorsque l’effervescence initiale se sera calmée. C’est souvent à ce moment-là qu’un riddim quitte le statut de phénomène pour entrer dans celui de référence.
En ce sens, le WYFL n’a pas encore livré tout son potentiel. Les artistes ont ouvert la voie, les auditeurs ont répondu présents, mais le dernier mot revient désormais aux selectors. Ceux qui sauront écouter, trier, assembler, prendre des risques aussi, contribueront à inscrire ce riddim dans une histoire plus large, celle des grandes bases instrumentales qui ont façonné le reggae et le dancehall au fil des décennies.
À l’heure actuelle, une chose est certaine : le WYFL n’attend pas d’être figé, il attend d’être raconté. Et ce récit passera, inévitablement, par les mains et les oreilles des DJs.
Keznamdi sacré au Grammy Award du Meilleur Album Reggae pour Blood & Fire
Le reggae mondial a une nouvelle étoile : Keznamdi, l’artiste jamaïcain, a remporté le Grammy Award du Meilleur Album Reggae lors de la 68ᵉ cérémonie des Grammy Awards, grâce à son album Blood & Fire (aussi stylisé BLXXD & FYAH).
Présentée lors de la cérémonie tenue à Los Angeles le 1ᵉʳ février 2026, cette récompense représente une étape majeure dans la carrière de l’artiste et marque sa première victoire aux Grammy Awards, après une nomination historique.
Blood & Fire : un album fort et engagé
Sorti en août 2025 sous son propre label, Keznamdi Music Group, Blood & Fire est un projet de 13 titres qui mêle habilement les racines du reggae à des sonorités contemporaines, incluant des touches de dancehall, d’Afrobeats, de R&B et de hip-hop.
L’album explore des thèmes puissants – de l’identité personnelle à la résilience face aux difficultés – tout en restant profondément ancré dans la tradition musicale jamaïcaine. Il inclut notamment des collaborations avec des artistes tels que Mavado, Marlon Asher, Masicka, ainsi que la sœur de Keznamdi, Kelissa.
Grâce à cette fusion entre énergie moderne et héritage roots, Blood & Fire a su captiver un public large tout en conservant une authenticité revendiquée par l’artiste.
Une victoire face à une compétition relevée
Dans cette même catégorie, Keznamdi était en lice avec plusieurs albums remarqués de la scène reggae contemporaine, notamment ceux de Lila Iké, Vybz Kartel, Jesse Royal et Mortimer – des artistes dont le travail illustre la richesse et la diversité du genre aujourd’hui.
Ce succès n’est pas seulement une reconnaissance personnelle : il reflète aussi l’évolution du reggae, en mettant en lumière des voix nouvelles qui honorent la tradition tout en la renouvelant.
Une consécration pour le reggae moderne
La victoire de Keznamdi confirme l’importance grandissante d’artistes autonomes et créatifs dans l’univers musical mondial. Avec Blood & Fire, il apporte une vision moderne, consciente et profondément ancrée dans la culture reggae, qui parle aussi bien aux puristes qu’à une audience internationale plus large.
En offrant ce Grammy à Keznamdi, la Recording Academy met en avant une nouvelle génération d’artistes qui façonnent l’avenir du reggae sans renier ses racines.
DÉCOUVERTE : Eloge de la lenteur avec Sergent le Vrai $
Alors lui, Je ne le connaissais pas du tout. Jamais entendu, jamais entendu parlé, mais après tout on ne peut pas tout connaître et tout savoir non plus. Nous l’avons rencontré lors de la préparation de l’émission Origine Street. Au départ (et je le lui ai dit en face), à la balance, je l’ai vraiment trouvé bof : pas une voix à tomber par terre, un timbre de voix posé sur un grain grave, avec ton qui traîne. Pas d’emphases, ni d’envolées lyriques, des textes débités sur le son presque sans envie, du moins c’est ce que la première écoute m’a inspiré. Il est venu faire deux titres. Ponctuel, poli, attentif, en place. On sent qu’il a du métier mais il ne respire pas la vivacité. On en a limite craint pour la dynamique de l’émission, la pression d’une première.
Ça c’était donc la veille lors des balances. Et puis le voici le Jour J en tenue de scène, avec ce jogging coloré dont on dirait qu’il est tout droit sorti de la fin des années 80, et sa grosse chaîne autour du cou avec le sigle $ au bout. Derrière ses grosses lunettes et son large sourire, on sent une assurance qui laisse espérer une surprise, mais les essais sonsores de la veille nous restent en tête et ne plaident pas en sa faveur.
Puis arrive son tour de passer sur scène. Le son débute, et, toujours avec la même nonchalance, le vlà qui déchire tout. L’impression de prendre une balayette et de se voir tomber au ralenti, sans pouvoir rien faire. Il s’agit pourtant des mêmes titres que ceux essayés la veille. Le flow est clair, tout est immédiatement compréhensible, le public adhère et chante le refrain avec lui dès le départ. Pourtant il n’en fait pas plus, il est juste lui : serein, tranquille, souriant, heureux d’être là devant le public, content de son effet. La seule qui change par rapport à la balance de la veille, c’est le public dans la salle, et le son un peu plus fort. Sergent le Vrai $ performe comme un vétéran qui sait parfaitement comment gérer son effort. Il illustre parfaitement ce lyrics de Booba : « je sais où tu as mal car je sais où je frappe ». Et c’est sur un magnifique KO technique qu’il nous laisse à l’issue de ces deux titres.
Peu prolixe en interview, nous allons ensuite à sa rencontre dans les loges pour le remercier et féliciter. Il rit. Il rit car il sait que c’est toujours l’effet qu’il produit. Il nous explique qu’il n’est pas un gars pressé. Qu’il ne s’est pas laissé embarqué par la frénésie des réseaux qui pousse d’autres artistes à vouloir être ultra présents par peur d’être oubliés. Lui, a bien des réseaux mais n'y est que très peu. Il préfère produire peu mais de la qualité. Ça s’est vu et entendu. Il capitalise sur ses morceaux dont il sûr de l’effet. « Je sais que ça fonctionne mais je suis pas pressé ». La qualité et la rareté. La sérénité et la liberté. Bravo. Bravo pour nous avoir cueilli aussi délicatement. Et vivement qu’on en ait plus à se mettre dans les oreilles. Superbe rencontre. Bête d’artiste : « vrai de vrai », comme il dit.
ALBUM - ARSIANS : People Find The Way
Dans la galaxie du reggae français, voici Arsians. Fait suffisamment rare pour être souligné, il s'agit d'un groupe, un collectif. Pas un chanteur accompagné d’un backing band : un vrai groupe de dix musiciens, dont la section cuivre impressionnante et Fouf au chant, ancré dans la culture roots. Et Arsians sort son deuxième album intitulé : "People Find The Way"
Après "Exit the Kingdom", le groupe a choisi de réaliser entièrement "People Find The Way" en interne. Prises, edits, mixage : tout est fait maison. Le résultat ? Un son direct, chaleureux, vivant, qui donne l’impression que le groupe joue devant vous.
De « Madness Cool Ya » à « System » (la version dub), Arsians se promène musicalement et nous emmène traverser tout un univers fait de d’ambiances dub immersives, posées sur des riddims lourds que viennent ciseler avec brio une très importante section cuivre dans la tonalité générale de cet opus. Les messages conscients chantés en anglais par Fouf témoignent d’une maîtrise totale de leur sujet, de la composition à l’écriture et laissent poindre une énergie comme retenue par cet exercice de l’enregistrement.
Après avoir écouté cet album, une seule question : quand les voir sur scène ? Parce que, de notre point de vue, ce qui transpire de ce second et très réussi album "People Find The Way" n'est autre qu'une invitation au live : this is our way.
Ne passez pas à côté de cette pépite d’autoproduction française. Écoutez People Find The Way sur toutes les plateformes : https://linktr.ee/arsians
Mad Killah revient en force avec 777
crédit photo : pearo
Figure incontournable du reggae-dancehall parisien, le MC dévoile un EP brûlant de 7 titres, premier volet d’une trilogie annoncée. Entre introspection, ego trip et énergie caribéenne, il explore toutes les facettes de son univers.
Avec des productions signées Madenka, Razz Beats & Jxey Beats — déjà remarqués aux côtés de Vybz Kartel, Skillibeng ou Chronic Law — Mad Killah balance un flow nourri de trap et d’urban vibes. De Périple à Champion, de Mad Again à Pas Là pour Plaire, chaque morceau révèle sa puissance, sa conscience et son côté festif.
Après des scènes mythiques comme l’Olympia ou Bercy, et des collaborations avec Neg’ Marrons, Raggasonic ou Tiwony, il confirme sa place comme l’une des voix majeures du mouvement reggae-dancehall hexagonal.
« More Love » https://youtu.be/J2bJXf0iuxY?si=1OGFSOBDLrXlx2wV Bon bah lui, vous connaissez notre avis à son sujet : une valeur sûre, c’est estampillé « Qualité » et c’est vérifié à chaque découverte d’un nouveau morceau.
3*Rascup feat. Good Over Evil
« Higher Meditation » https://youtu.be/qFKGiGu1mJ8?si=Go6qUrrw4CGu_4l8 Authentique rasta militant, Rascup continue tranquillement son ascension musicale avec des rencontres toujours bien inspirées. Le résultat ? ce très réussi « Higher Meditation » dont on kiffe immédiatement cette intro Nyabinghi.
Ambiance balade tranquille sous un ciel bleu, Little Kev’ nous invite justeà garder espoir. On en attendait pas moins de ce sponsor officiel de la bonne humeur dont la créativité nous avait déjà interpelé avec son court-métrage « Je veux continuer à croire » sorti il y a déjà 2 ans.
Et puisqu’on parle de lyrics conscients, voici un retour qui fait plaisir, celui de Don Gaucho qui nous délivre un reggae plein de force et de sincérité sur son inquiétude du lendemain mais affirme sa volonté à tenir courageusement debout face aux vicissitudes de la vie.
7*Dougy & 4’20, C.YP
« Bad to the Bone » : https://youtu.be/BogxJfD7E8Q?si=XxyI_gMHQUvpNBVh Haaa être en studio, en cabine, dans des conditions optimales, un casque où les volumes de chaque instrument sont ajustés comme vous le préférez, un riddim qui vous remue les tripes à chaque mesure, une légère réverbe qui amplifie la perception des vibes que vous envoyez, et vous voici en train de performer comme jamais !
8*Zamunda, Bazil
« Free Up » https://youtu.be/A_AquxvjovE?si=gd0xTsy_1g-TTQih On ne s’y attendait pas du tout, le son est passé et on s’est demandé qui s’était. Et Bam ! Surprise ! Il s’avère que c’est Bazil en featuring avec Zamunda. Eh bien ça passe tout seul.
9* BROUSSAÏ
« Contraste et Couleurs » (Remix) https://youtu.be/lhtbMh9VKT0?si=LWTo4YZrY1BxCn9n Bon, au chant c’est pas toujours très juste, mais non ne peut retirer à ce titre sa fraicheur qui invite à l’évasion. Broussaï, toujours de belles valeurs, et un super état d’esprit.
10* Capleton & Irie Ites
« No Sell Your Soul » : https://youtu.be/D8lALSVXTEw?si=qlTsXw20KL0xHTIM Irie Ites nous a habitué à des grosses collabs toutes plus hot les unes que les autres, mais là avec Capleton, ils nous ont sorti un vrai titre. Un King of Fire tout en retenue sur un riddim qui rappelle l’époque Frontline.
Bon et sinon au niveau international, on espère que vous n’êtes pas passés à côté de ces 3 perles :
Le grand Johnny Clarke a récemment revisité l'hymne phare de Peter Tosh avec « Legalize It (Re‑Recorded) ». Sorti le 3 septembre 2025, voici cette superbe nouvelle interprétation d'un classique du reggae désormais imprégnée de l'esprit roots inimitable de Clarke. Ce titre fait partie d'African Roots, sa nouvelle compilation studio, dont la sortie est prévue le 3 octobre 2025 chez Cleopatra Records. Un album qui revisite ses propres tubes intemporels et propose cette puissante reprise de « Legalize It » parmi 13 autres titres.
Si vous n’êtes pas partis en vacances cet été ou que vous rêviez des West Indies : voici votre billet d’avion.
C’est le genre d’ambiance musicale qui vous accueille lors de fêtes communales dans les Caraïbes, avec une sono énorme. Une véritable invitation à la déambulation sereine au milieu des badauds venus apprécier tant la musique que les odeurs entremêlées de poissons grillés, de poulets boucanés et de beignets sucrés.
« Avec Ghetto Reggae, je voulais ramener cette ambiance naturelle et non transformée » déclare l’artiste
Et c’est une réussite. En 14 titres tous plus authentiques les uns que les autres, on se voit déguster une petite brochette pimentée en dansant, siroter un cocktail en bord de plage, et laisser le soleil nous mordre les épaules.
C’est une véritable B.O de bons moments partagés à laisser couler du début à la fin pour apprécier ces mélodies chaloupées et ces skanks à la sonorité si tropicale. En effet, pas de réel hit au sein de cet opus, même si chacun y trouvera son titre préféré, mais une atmosphère indéniable ramenée comme du poisson frais par cette voix qui sait si habilement mettre le reggae dancehall dans tous ses états.
7 ans après son dernier album,Mr Vegas apporte, avec cette brise intitulée « Ghetto Reggae », le doux fracas des vagues des îles jusque dans vos enceintes. Un régal.
On espère que vous n’êtes pas passé à travers de cet hymne ! Ça sonne comme… comme… on va pas vous décrire Jah Cure quand même ! Cette mélodie de « Jah Watch Over Hip People » ... enjoy.
Il est toujours « dans son truc », Il veut juste « share du love », et délivre avec cetout nouveau « Shark », sa lecture de la nature humaine sur un bon gros son du genre de ceux qui enflamment les grosses scènes de festivals…
Il y a chez ce Jah Ziek un talent à la trajectoire imprévisible comme dans une 2JZ, et il a, en sus, de vertueux préceptes de vie tels « one prayer a day keeps the evil away » et fortheureusement, vous pouvez « pull up » pour apprécier à nouveau
Ils l’avaient joué ensemble sur scène à La CIgale, ce qui laissait supposer une suite. Et la voici : « Elle me dit » , un délire - on ne peut pas dire une chanson - résultat heureux d’une impro sur scène ou en répétition entre les deux compères qui tripent sur l’alternance des rimes en « i » et des rimes en « wa », un bon beat là-dessous et, compte tenu du swing lyrical de ces deux-là : bim ! Ça sonne ! Ils poussent l’exubérance jusqu’à en faire un clip, et voilà.
Il suffit d’une ambiance pour que spontanément, le talent ait envie de délirer et envie de partager tout de suite cette légèreté de l’instant. C’est une proposition simple, sans prétentions, prise sur le vif comme on les aime dont nous ont fait cadeau MC Janik et DJ Kaprisson.
Qu’il fait plaisir ce clip de Straïka D, témoin de la communion vécue avec le public lors du Reggae Therapy. Artiste trop peu exposé, Straïka D célèbre, avec « Tou sa ou ka fè »,les valeurs humaines, la solidarité et la force du quotidien, il invite ainsi, en créole, à faire les choses avec le coeur, avec conscience, que ce soit pour soi ou pour les autres. Positive vibration.
Cette collab’ arrive comme une bonne surprise. Tom Frager et Balik sur un reggae lourd comme une prise de conscience décrite amèrement : devant le constat catastrophique de la situation écologique mondiale, il faut faire marche arrière. Ç peut faire sourire, paraître désuet, léger ou trop entendu, il s’avère que ç’est la vérité. Et l’humilité avec lequel ils le chantent a ce quelque chose de touchant que seuls les vrais auteurs savent exprimer à l’écriture.
Il continue à creuser son sillon avec ce grain de voix qui nous avait tant séduit, et pour lancer son tout nouvel EP intitulé « Adelyss », Maylan Manaza déclare sa flamme avec « Quand le coeur parle » comme premier extrait. Un titre plein de sincérité, dans lequel les mélodies chantées qui sonnent vraiment Korozif Prod avec qui ce n’est pas la première collaboration.
De notre côté, on le préfère lorsqu’il se livre à un exercice plus dancehall comme sur le très réussi « Wah dem a try » ou comme sur « Darling » qui est un véritable appel à winer.
Adelyss, qui est également le nom de ce EP, nous paraît mixé en dessous de sa valeur, et mérite (à notre avis) un petit ajustement dans les basses pour donner sa pleine puissance.
En fin de cet EP, on retrouve le grand coeur de La Machine avec « Ress Douboute » un message de solidarité avec la Réunion suite au cyclone.
Encore un missile lâché par Tuco, on venait à peine de finir de digérer son précédent clip « Rich » (c’était il y a tout juste un an) et voici qu’il nous accable d’une nouvelle charge de qualité avec tous les ingrédients pour faire trembler tant les dancefloors que les sounds systems. Surdoué et visionnaire, l’homme au flow toujours aussi stylé que tranchant nous emmène à nouveau dans son univers avec son style unique qui, effectivement vous arrache un : « Gadamn! » à chaque écoute.
C’est super frais. C’est en français. Ça passerait à la radio on se demanderait « tiens qui c’est? ». C’est de la musique pour la musique, juste pour faire kiffer. C’est écrit, c’est enjoué et c’est bien fait. Si vous voulez donner de la force à une artiste amateure qui ne demande qu’à être écoutée , c’est là qu’il faut mettre un pouce. « Viens ma soeur, viens mon frère,… »
Découverte improbable de son nouvel album « Still and Solid » lors d'une déambulation en vacances. Nous sommes sur un marché nocturne dans un petit village de province reculé de tout. Et là ? Du reggae joué par un disquaire. Il attire et enjaille les badauds avec le son qui tourne. On a trouvé ça fort. Alors on partage.
Dj Khaled, Vybz Kartel, Buju Banton, Bounty Killer, Mavado, RoryStoneLove & Kaylan - You Remind Me
Soyons clair. On a tous fait « ouuuuh » à l’annonce de ce casting XXL : Vybz Kartel, Buju Banton, Bounty Killer, Mavado. Pas besoin de teaser, nos enceintes étaient averties.Fin du titre…
Comment c’est possible ? Sérieusement ? Pourquoi il a fait ça? Il y avait pourtant de quoi faire un bon titre, non? On pense à tous les producteurs qui auraient rêvé d’avoir l’opportunité de réunir un tel line up…
On est pas censé être dans une catégorie d’artistes qui bénéficient de l’avis de conseillers artistiques super pointus normalement ?Et eux tous là, ensemble, ils se sont regardés droit dans les yeux et ils étaient d’accord pour dire que ce son est à la hauteur de l’équipe réunie ?
Tout leur entourage, leurs proches, les a checké en leur disant : « Lourd » ?
Et chacun est reparti en se disant, qu’il était sur la bonne voie, que c’était pour des moments et des messages comme ça qu’ils ont choisi d’être artistes?
Bon on va pas en faire un scandale non plus mais en tant qu’auditeurs, on juste eu l’impression qu’on nous a (encore?) donné un fruit pourri. Même déception que devant un tour de magie raté.
Bon, on savait qu’avec DJ Khaled en producteur, ça allait donner un de ces trucs hybride mi-hip hop mi-dancehall dont il a la recette. Que l’imagerie accompagnant le titre n’aurait certainement rien de surprenante ou de novatrice; et que l’approche narrative visuelle focaliserait sur les visages des uns et des autres entre ralentis de jet skis, cocotiers, cabriolets, langoustes pimentées, cocktails au rhum ambré toute la journée, soirées privées dans des villas huppées, bord de piscine avec des célibataires intéressées. After et levé de soleil sur un voilier. etc… Bref la vie d’un producteur palestinien en 2025 quoi !
Ouais, on aurait pu espérer un message de paix, même succinct, soutenu par les barons du dancehall. Un symbole, un drapeau, un lyrics, une allusion,un double sens, un message caché même loin dans les crédits, …
Déception abyssale et incompréhension totalement scellées lorsque (à 4min07) DJ Khaled se met à citer des noms de capitales mondiales avec verve et fierté. L’occasion est rêvée, elle est trop belle, elle s’imposerait à n’importe quel artiste, non ? C’eût été commercialement imparable, et stratégiquement : inarrêtable. Juste le nom de Gaza, aurait été incroyable.
Eh bien non. On aurait pu penser qu’en tant qu’artiste originaire de Palestine ayant le pouvoir de toucher une audience mondiale et ayant compris que la musique est un puissant message universel, DJ Khaled en aurait fait son moyen de lutte.
Pas du tout. Pas un mot. Jamais. L’opulence. La belle vie. We the best music. Regarde avec qui je suis, Gyal. Comment je kiffe la vie, Gyal. Et tout un tas de gesticulations inutiles au milieu du gotha du dancehall. Le tout, livré sur un beat dénué de toute vibes, pas une mélodie ou un gimmick pour s’accrocher à notre cortex malgré 7 minutes 36 d’efforts.
Ça peut arriver de louper un morceau, mais délivrer un non sens émotionnel aussi proche de l’encéphalogramme plat au public avec de tels moyens, ça relève de la faute professionnelle pour un producteur.
Ou alors c’est la démonstration de son seuil d’incompétence : malgré son talent reconnu dans le hip hop et un attrait avéré pour le dancehall, il ne sait pas faire. Et on ne lui en veut pas, au moins il fait, il y met les moyens. D’autres n’auraient même pas essayé. Dommage. Bien tenté, mal réussi.
Ah oui ça va faire des vues, c’est fait pour ça.
Mais pour nous, au vu de ces circonstances musicales et morales aggravantes : deuxième écoute exclue et n’en parlons plus, on a été suffisamment déçus (on vous met pas le lien).
Il y a des albums qui marquent un tournant dans la vie d’un artiste. Et il y a des rencontres qui élèvent un projet à un autre niveau. That Day, le nouvel album de Little Guerrier, est à la croisée de ces deux chemins. Un disque lumineux, profond, généreux — et surtout, le fruit d’une alchimie exceptionnelle entre le chanteur guyanais et le géant jamaïcain Dean Fraser.
Une relation au-delà de la musique
Dean Fraser, c’est plus qu’un saxophoniste de génie. C’est une mémoire vivante du reggae jamaïcain, un architecte du son, un gardien de l’âme roots. Quand il accepte de collaborer avec un artiste, ce n’est jamais pour remplir une case : c’est un acte de confiance, presque de fraternité musicale.
Et avec Little Guerrier, la connexion a été immédiate. Leur complicité s’écoute, se sent, se vit, notamment sur les morceaux "Stand For Something" et "That Day" — deux pièces maîtresses de l’album, où la voix grave et posée du chanteur dialogue avec le souffle chaud du saxophone. Fraser ne fait pas que souffler dans un cuivre : il guide, il inspire, il fait respirer chaque titre.
Le résultat ? Un reggae riche en textures, enraciné mais vivant, puissant sans forcer, où chaque vibration semble venir d’un même battement de cœur.
L’album : entre feu intérieur et élégance acoustique
That Day, c’est 14 morceaux à la fois doux et incisifs, portés par une production soignée, chaleureuse, jamais surchargée. Dean Fraser y veille comme un chef d’orchestre invisible : les cuivres ne volent jamais la vedette, mais soutiennent la voix avec justesse ; les arrangements sont minimalistes mais profonds ; tout est au service du message et de l’émotion.
Les titres abordent des thématiques chères à Little Guerrier : la justice, la paix, l’amour, la résistance, mais aussi la spiritualité du quotidien, cette lumière intérieure que chacun peut cultiver. Le ton est humble mais déterminé, comme un frère qui te parle à l’oreille avec bienveillance et lucidité.
Featurings : des rencontres qui chantent juste
Mais That Day, c’est aussi un album de famille, où plusieurs voix puissantes viennent enrichir le voyage :
Etana illumine "Where Is The Love", un des sommets du disque. Sa voix aérienne enlace celle de Guerrier avec une grâce naturelle. Leur duo respire l’authenticité et la tendresse — un vrai moment de grâce.
Tarrus Riley, en invité de marque, apporte son groove lover et sa rigueur vocale, tout en restant fidèle à l’ambiance posée de l’album.
Takana Zion, enflamme son passage avec son style brut et militant, injectant une énergie africaine qui complète parfaitement l’univers de l’album.
Poplane, le complice de toujours, ancre le disque dans une vibe amazonienne et caribéenne qu’on adore chez Dreadlocks TV.
Chaque featuring est parfaitement dosé. Pas de démonstration, pas d’esbroufe : des échanges sincères, comme entre amis qui savent pourquoi ils sont là.
En conclusion : un disque pour ceux qui veulent du vrai
That Day, ce n’est pas un album qui crie. C’est un album qui parle, qui murmure, qui prend son temps. C’est un disque fait avec le cœur, par des artistes qui respectent la musique et ceux qui l’écoutent. Dean Fraser y joue un rôle de passeur, de mentor, de frère d’âme. Et Little Guerrier confirme qu’il n’est plus seulement une voix montante du reggae francophone : il est un artisan du roots moderne, à la fois ancré et ouvert, humble et lumineux.
Chez Dreadlocks TV, on ne va pas se mentir : on l’écoute en boucle. Et chaque écoute révèle une nouvelle finesse, un nouveau détail, une nouvelle chaleur.
Trois titres à écouter en priorité :
That Day : titre éponyme, ode à la prise de conscience, à la lumière intérieure.
Where Is The Love feat. Etana : émotion pure, douceur militante.
Stand For Something : pour marcher la tête haute, même sous la pluie.
Un grand bravo à Little Guerrier, à Dean Fraser et à tous les artistes invités. That Day, c’est une offrande musicale qu’on reçoit avec gratitude. Et qu’on diffusera encore longtemps sur Dreadlocks TV.
Big Up Warrior !
BIGA*RANX — ALBUM « RAINSHINE »
Biga*Ranx — Album « Rainshine » sortie le 27 juin
En cet été qui débute de manière caniculaire, il arrive comme à son habitude, sans crier gare, en se posant délicatement sur vous comme un flocon de neige.
Et la magie opère lorsque fond sur vous cette vibe en apparence désuète mais qui finit par vous saisir pour vous affirmer sa présence sonore si singulière et confirmer son immense talent. 3 ans plus tard, revoici donc, l’inénarrable Biga*Ranx avec un huitième album tout à son image : posé, digital, psychédélique et "nuageux,dont il nous a déjà livré quelques tracks avec Danse, Vélib, ou Trop d’Lumière feat. Chaton.
Rainshine, ce sont 16 titres de haute facture qui finiront dans vos têtes et dont vous chantonnerez les lyrics par bribes sans même vous en rendre compte tant ils ont ce pouvoir de séduction dont il a le secret. Le style est unique. La voix reconnaissable en quelques millisecondes. Les chansons ont toujours ce petit truc qui vous touchent que cela vous fasse sourire, que cela vous conforte dans des valeurs ou fasse référence à des situations vécues. Bref, de l’émotion, du sentiment,de l’humain; le tout enrobé de cet écrin de création si singulier qui élève Biga*Ranx au rang d’orfèvre musical. Côté featurings, une sélection d’invités de marque parfaitement complémentaires vient teinter par endroits les différents tracks : Blundetto, Atili, Jael, Lil'Slow, Pupajim…
Rare en communication, Biga préfère être productif, régaler et conquérir son auditoire avec son « vapor reggae ». Le public le lui rend bien comme vérifié lors ses 3 dates à la Cigale sold out fin mars. Dans ce ping pong émotionnel entre l’artiste et ses fans, voici Biga*Ranx qui lâche un très bel album et enchaîne dans la foulée avec des dates tout l’été.
Franchement, même si devez faire un peu de voiture pour le voir, allez-y ça vaut vraiment le coup, c’est un moment inoubliable. Le gars arrive humble et souriant, pas d’artifices, pas de discours démagogiques mal prêchés; il salue son public, prend le mic et déchire tout avec une simplicité posée sur un flow dans lequel on décèle un petit air malicieux. Et vous passez un super moment, entre danse, sourires et yeux écarquillés.
Si vous vous n’avez pas la chance d’être sur sa route cet été, ne manquez pas d’intégrer ce nouvel album, « Rainshine », dans vos playlists, c’est doux comme un sorbet gourmand, on en redemande. Ça tombe bien : il y en a, avec tous les albums précédents (7)…
TWAN TEE - EP "THE OTHER SIDE"
Il est de retour avec un nouveau projet totalement autoproduit. Le jeune prodige, qui a dernièrement écumé les scènes françaises en première partie de Danakil, n'a pas perdu de temps. Moins d'un an après la sortie du très réussi "Outrospection", comme émoustillé par cette belle aventure scénique ou comme si son dernier album ne lui avait pas laissé assez de place pour s'exprimer, Twan Tee revient donc avec son flow unique et cette vibe incroyable pour nous délivrer "The Other Side" un EP de 9 titres qui sonne à nouveau comme un pas de diplodocus posé au sol, créant des vibrations profondes ressenties jusqu'aux tréfonds du mouvement reggae dancehall. L'occasion de nous confirmer qu'il est fort. Très fort.
Et cet EP, dans la parfaite lignée de son dernier album, même s'il en est "l'autre face", vient affirmer un style novateur et bien propre à lui qui lui vaudra tôt ou tard ce statut de star incontournable qui lui est dû. Du haut de sa voix reconnaissable entre mille qu'il chante ou toaste, il est sur la bonne voie. Les riddims et les beats sont une nouvelle fois chirurgicaux et envoûtants, ils lui confèrent une monture qu'il chevauche à merveille de titre en titre.
Les featurings sont une fois de plus recherchés et efficaces en ce sens qu'ils enrichissent à chaque fois ce bel univers auditif dans lequel Twan Tee nous a plongé. D'ailleurs, cerise sur le gâteau, la participation du non moins doué Davojah sur le dernier titre de cette véritable pépite estivale.
À l'approche des vacances, on vous imagine déjà posé au bord de l'eau avec votre enceinte diffusant ce son à la fois kinky, envoûtant, et surplombé d'un flow magnétique...
À intégrer dès maintenant dans vos playlists : TWAN TEE - EP "THE OTHER SIDE"
À écouter si l'EP vous laisse un goût de trop peu : TWAN TEE - ALBUM "OUTROSPECTION"
À réécouter pour kiffer son univers : TWAN TEE - ALBUM "INNERGY"
À savourer pour en écouter plus : TWAN TEE - ALBUM "CROSSING"
À découvrir si vous voulez tout savoir : TWAN TEE - ALBUM "TWAN TEE MEETS ODDY"
Film : "Bam Bam: The Sister Nancy Story"
Découvrez la bande-annonce du documentaire Bam Bam: The Sister Nancy Story, réalisé par Alison Duke. Ce film canadien, sélectionné au Tribeca Film Festival en juin dernier, sera projeté à Toronto à partir du 31 janvier. Il raconte l'histoire de Sister Nancy, pionnière du dancehall, dont l'hymne Bam Bam a marqué le reggae, le hip-hop et bien d'autres genres musicaux à travers les générations.
Le documentaire aborde notamment le fait que Sister Nancy n'a longtemps pas perçu de royalties pour les multiples utilisations et reprises de son hit, tout en mettant en lumière sa résilience et son impact durable. Le film réunit de nombreuses personnalités, dont Sister Nancy elle-même, Pete Rock, DJ Kool Herc, Queen Ifrica, et Janelle Monae, entre autres.
VOLODIA - ALBUM "L'ÉPOPÉE"
Epopée est un flow de sincérités qui fait du bien. Titre après titre, Volodia se livre et chante les tripes à l’air, exposant un parcours humble et passionné, porté par des convictions et des valeurs sur lesquelles il s’est appuyé pour se construire et devenir l’homme qu’il est aujourd’hui.
Sa quatrième proposition (c’est son 4ème album) est une auto-production réussie jalonnée de véritables chansons-introspections, un peu comme si l’auditeur était un psy et que Volodia était allongé là sur le divan. L’atmosphère douce fournie tantôt par le reggae, tantôt par le côté ambiant, sert bien le propos, même si on aimerait parfois un peu plus de nuances et de variations de la part du chanteur pour parfaire son amour de la mélodie.
Au final, ce sont 11 titres reposant sur de très beaux écrits, saupoudrés de featurings délicats (Ryon, Davojah, phases cachées), 40 minutes où Volodia se dévoile, analyse ses sentiments, livre ses motivations et témoigne d’une profonde blessure interne dont la musique semble être le remède.
LYRICSON - ALBUM "AFRICAN DREAM"
Avec African Dream, Lyricson ajoute un bijou incontournable à sa discographie. C’est peut-être l’un des un opus qui mêle le mieux reggae roots et musique africaine, et pour cause, il a été enregistré entre la Côte d'Ivoire et la Jamaïque.Pour nous composer ce magnifique projet, l’artiste a savamment su s’appuyer sur la créativité de son groupe le Transcendantal Band et celle de pointures jamaïcaines et africaines.
Ainsi de sa voix haut perchée, il nous emmène danser aux confins de ses inspirations pour partager un rêve.Résultat ? Au gré des titres sur lesquels on découvre de riches collaborations, notamment avec les Jamaïcains Jah Mason (sur Peace And Meditation), Jah Bouks (Lions Roar), Duane Stephenson (What A World), ou avec Mamadou Saïdou Sow (flûtiste peule de l'orchestre national de Guinée) et Mamadou Diabaté à la kora sur Farafina (feat. Sekouba Kandia Kouyaté), Sister Rudo sur le très réussi No One Can, ce sont des titres profonds aux thèmes lucides et fondamentalement ancrés dans les problématiques d’élévation africaine telles que le besoin d’unité, de paix et d’indépendance.
Au final, cet African Dream est une douceur absolue de 14 titres mixés par Gaylard Huxley Bravo de Small World Records et masterisé au Anchor Studio. La recherche mélodique opérée par Lyricson pour faire de cet album un projet à la hauteur de son rêve africain est incontestable et franchement réussie.
À écouter et partager d’urgence : https://fanlink.tv/LyricsonAfricanDream
RAS CUP - EP "SERIOUS TIME"
Il y a peu, Ras Cup venait fièrement nous présenter son EP auto-produit « Serious Time ». Le jeune rasta nous remettait donc en mains propres le fruit de son travail avec humilité. Nous avons donc bien pris soin d’apprécier l’intégralité de son oeuvre afin de vous en retranscrire l’essence avec fidélité.
C’est tout d’abord cette pochette aux couleurs apocalyptiques qui interpelle. Concoctée par Maxime Larcier (graphisme)et N Comform (prise de vue), pour présenter un Ras Cup concentré, posté devant une énorme sono et pointant ses auditeurs du doigt en vue d’évoquer ces « Serious Time ».
Une fois dans la platine, les prod de Nova Taqi prennent vite le contrôle de l’ambiance sonore, sublimées par un mix et un mastering signés K-One Prod. Ras Cup entre immédiatement dans le vif du sujet et nous plonge, dans son univers de sa voix claire. Des textes simples, tantôt en français, tantôt en anglais, portant un message de paix, de gratitude, et incitant à se bouger; deslyrics fortement imprégnés de cette lassitude commune de voir naître et perdurer des conflits sur le globe.
Cela peut apparaître comme un discours naïf de plus mais c’est son expression la plus simple sincère du refus de la décrépitude ce monde, et il a tenu à l’exprimer au travers une initiative que tout ceux qui ont déjà autoproduit un EP savent être longue et difficile. Un gros big up à lui donc pour ce courage et cette ténacité qui nous donne aujourd’hui le plaisir d’écouter ce beau 6 titres dont il nous partage également les clips (montés par Parker Morain).
Que ce soit dans le discours, dans l’approche musicale, dans l’attitude en général, Ras Cup s’atèle à donner vie à ses convictions avec toute la sincérité qui le caractérise et cela donne un EP qui promet pour la suite.
KEROS-N - TITRE "FWANSÉ"
Alors qu’une sorte torpeur artistique silencieuse saisit un mouvement qui se veut pourtant militant et revendicateur, une perle jaillit du mutisme ambiant. Ni revendicatrice, ni provocatrice, un simple constat posé intelligemment, avec justesse, au bon moment, avec des images illustrant bien l’atmosphère pesante qui entoure les évènements.
Ces évènements issus des revendications qui secouent actuellement les anciennes colonies françaises, mises à mal de différentes façons par l’état français et qui pour toute réponse n’ont eu droit qu’à l’envoi de forces de l’ordre...
Cette perle musicale que nous mettons en avant aujourd’hui, c’est celle de Keros-Navec son clip "Fwansé", extrait de son dernier album "Grand Cru, qui sortira dans quelques jours (le 30 octobre 2024). Titre dans lequel il n’omet pas de saluer toutes les luttes d’Outre-mer comme pour rappeler à leurs ressortissants la condition dans laquelle ils sont maintenus.
Le discours est intelligent et nous rappelle la force des mots de Djamatik lorsqu’il milite depuis la Kanakypour tous les peuples oppressés.
Forcément, ça attire notre oeil, nos oreilles et notre plébiscite.
On avait déjà bien kiffé le projet, d’où cette première chronique élogieuse. Mais c’était sans compter le besoin de ré-écouter, encore, et encore. Vous savez, comme quand il y a quelque chose qui vous accroche au delà de ce dont vous avez l’habitude. Attention, on parle d’oreilles aiguisées, habituées, musiciennes, éduquées au reggae, à la production, aux concerts, aux séances studio, aux freestyle, aux remixes… bref une audition limite blasée dès lors qu'on parle de reggae. Et bien malgré cela, on a vu les titres de cet album entrer subrepticement dans nos playlists personnelles pourtant hyper sélects...
Devant cette affection inattendue, on se concerte et on constate que nous avons les mêmes symptômes : perte d’objectivité, envie incontrôlable de ré-écouter cette voix, ce flow, ce son. Besoin irrépressible de partager et de contaminer d’autres personnes. On se dit alors qu’il faut qu’on rencontre Twan Tee afin qu’il nous en dise un peu plus sur ce 3ème opus. RDV pris pour une interview où il viendra avec son compositeur : Oddy.
En attendant la date convenue, on a ré-écouté chacun de notre côté. En solo, avec des potes, certains fins connaisseurs, d’autres moins. À chaque fois, même réaction constatée : « c’est qui ça ? » (ou alors ça Shazam en loucedé, on vous a cramé les gars), on enchaîne avec « Il déchire hein ? ». Verdict unanime « De fou ! Mais c’est qui ? »
Twan Tee
Et voici que fusent questions et commentaires : « Mais pourquoi il est pas plus connu ? Il défonce ! », « ils sont trop forts ces Jamaïcains », « ha non, c’est un français », et là c’est le drame : « Quoi !!!!? Mais nan, tu mens ! T’es en train de me dire qu’en France on a un chanteur de reggae qui déboite comme ça, et on nous fatigue avec des babas cool !? », « Mais il froisse ! », « Ouais, ouais, il tue ». Et là, les plus sceptiques, de dire : « ouais mais c’est du studio, moi aussi je connais un boug’, tu lui mets les bonnes prods et il met tout le monde sur le flanc… » On accueille cette remarque comme une énième façon d’atténuer ce kiff soudain qui s’empare des oreilles de chacun à l’écoute d’Outrospection. Car il n’est, en effet pas commun, pour les plus aguerris, d’être pris en flagrant délit de kiffance. Comme s’il était honteux d’avouer qu’on est fan. Fan de ce chanteur qu’on avait pas vu venir, ou pire! qu’on avait vu, voire croisé et auquel on avait pas prêté attention. Et pourtant, les faits sont là : tous hochent la tête et kiffent à mesure que s'égrennent couplets, refrains, mélodies et instrus.
Avec ce troisième projet abouti à tous les niveaux, de la pochette au choix des sons, l’exploitation de cette voix tant dans son flow découpé que dans ses mélodies lancinantes, les lyrics, la production,le mixage, les featurings, jusqu’à l’ordre des morceaux; Twan Tee et Oddy nous délivrent un opus de très très haut haute facture, aussi précis qu’envoûtant. Magique en somme.
Pour l’apprécier à sa juste valeur et pour prétendre connaître l’univers proposé humblement par nos deux acolytes, il faut prendre la peine de faire bien plus que picorer un morceau croisé sur les réseaux sociaux. Car c’est en prenant la peine de respecter leur travail qu’on découvre bien plus qu’une pépite, un véritable joyau, de la haute orfèvrerie musicale conçue par ces deux artisans passionnés.
Bien sûr, les featuring - soigneusement choisis - apportent une valeur ajoutée mais ne prennent jamais le pas sur l’univers proposé. Ils le subliment et mettent en exergue une maestria portée à son paroxysme après deux précédents albums prometteurs. Et la démonstration se déroule sur 18 titres qui vous captivent l’un après l’autre avec la précision d’une rivière de perles : chacune à sa place, justifiant la position de la précédente par sa beauté et sa justesse. Oui 18 titres. Pas un maxi. Pas un EP. Pas un album sorti aux forceps avec 10 titres poussifs. Non, cette fois-ci, ils avaient des choses à exprimer, comme un besoin d’étaler pleinement ce tissu musical finement brodé.
« Ouais un album super bien produit en somme, c'est normal, c'est Baco derrière... » Pas que ! Parce que, pour revenir sur ce rdv pris, nous les avons donc reçus dans le Ragga Dub Force Show afin de les questionner en profondeur sur cet album. Et là… Booom ! Non seulement ils ont répondu de manière limpide et sincère à toutes nos questions, mais ils nous ont démontré en toute simplicité, et en live, l’étendue de tout leur talent. Toute leur passion pour le reggae étalée dans une émission mémorable qui a achevé de nous convaincre de leur immense et absolue virtuosité dans une prestation intimiste incontestablement choquante par sa rare qualité.
Voilà. Maintenant vous n’avez plus qu’à ajouter ce sublissime album à vos playlists, l’écouter avec plaisir, mettre des coeurs là où vous savez, et partager au plus grand nombre.
Ou en vinyle : https://bacoshop.fr/products/twan-tee-outrospection?srsltid=AfmBOoqd7mffRLsPDz8hvSwZC-_4gu9fCF7-o4fOn9h8gOpQH65cL2PS
PS : pour ceux qui en veulent + il y a aussi ses deux précédents albums (Innergy et Crossing), mais il y a également des performances de très très très haut niveau sur YouTube, tapez juste "Vibz Corner" et enjoy.
Allez écouter le nouvel album de Mortimer, c'est une pure merveille
NUTTEA - ALBUM "TRIBULATIONS"
Nuttea a annoncé le lien de précommande pour son album "Tribulations" dont la sortie est prévue le 25 octobre.
Parallèlement, il publie une couverture avec une bande dessinée à la main, sur laquelle son propre personnage est représenté sous la forme d'un super-héros.
Ce dernier semble attaqué de toutes parts, mais reste calme.
Ce projet s'annonce grand, d'autant plus qu'on sait que de nombreux artistes comme Kabaka Pyramid, Cilla, Beenie Man & King Kong, LMK & Pinchers sont les grands invités de ce projet.
Quant aux riddims, ils sont produits par D&H, Dreadful et Irie Ites. Ça promet du lourd, restez connectés.
Interview de Mo' Kalamity pour la sortie de son ALBUM "Shine"