La société minière australienne African Gold a annoncé la découverte d’un vaste système aurifère sur le site de Didievi, au centre de la Côte d’Ivoire, estimant désormais le potentiel de la zone à 1 million d’onces, soit environ 28 tonnes d’or. Une réévaluation majeure, alors qu’en juillet 2024, le gisement de Blaffo Guetto, déjà identifié dans le cadre du projet Didievi, avait été évalué à 452 000 onces à une teneur moyenne de 2,9 grammes par tonne.Cette nouvelle estimation intervient dans un contexte particulièrement favorable : le cours de l’or a progressé de 35 % en 2024, porté par la demande internationale et l'incertitude économique mondiale. Pour affiner ses prévisions, African Gold lancera une nouvelle campagne de forage sur plusieurs sites alentour, notamment Poku, Kouassi et Pranoi, également situés dans la région de Yamoussoukro.
Un secteur aurifère en pleine expansion
Cette découverte s’inscrit dans une dynamique plus large : la Côte d’Ivoire connaît un boom aurifère sans précédent. En mai 2024, la société canadienne Montage Gold avait annoncé que son projet de Koné, dans le nord du pays, pourrait produire 155 tonnes d’or sur vingt ans à partir de 2027. Un autre acteur canadien, Endeavour Mining, prévoit de démarrer en 2028 l’exploitation d’un gisement dans l’est, à Tanda, avec une production estimée à 11 tonnes par an.
Le pays recense actuellement 227 mines semi-industrielles et 149 sites artisanaux, selon les données officielles. Une croissance rapide qui se reflète dans les chiffres de production : 41,8 tonnes en 2021, 55 tonnes en 2023, 58 tonnes prévues pour 2024 et une estimation de 62 tonnes en 2025. L’objectif affiché des autorités est ambitieux : atteindre 100 tonnes d’or par an d’ici 2030, ce qui permettrait à la Côte d’Ivoire de rivaliser avec le Ghana et de dépasser le Mali, deux poids lourds historiques de la production aurifère en Afrique de l’Ouest.
Vers une réforme du cadre légal
Face à cette expansion rapide, l’État ivoirien prévoit de réviser le Code minier, en vigueur depuis 2014. L’objectif : adapter la législation aux nouvelles réalités du secteur, optimiser les retombées économiques et mieux encadrer l’exploitation croissante des ressources. Ce futur cadre juridique devra aussi répondre aux enjeux sociaux et environnementaux posés par la ruée vers l’or.