La FIFA aime rappeler que le football est « un sport populaire ». Une formule qui, à la lumière des prix annoncés pour la Coupe du monde 2026, relève désormais de la satire involontaire. Les tarifs des billets réservés aux supporters viennent d’être dévoilés, et le choc est brutal, ou plutôt comique.Pour un simple match de poule, il faudra désormais débourser entre 190 et 600 euros. Une somme déjà dissuasive, qui n’est pourtant qu’un avant-goût. Les quarts de finale s’envolent entre 590 et 1 240 euros, tandis que la finale atteint des sommets vertigineux : 3 600 euros minimum, jusqu’à 7 460 euros pour les places les plus chères. À ce niveau, il ne s’agit plus d’un billet de football, mais d’un investissement patrimonial.
La situation devient franchement grotesque lorsque l’on additionne les matchs. Un supporter des Bleus souhaitant suivre l’intégralité du parcours de l’équipe de France — hypothèse pourtant réaliste au vu des dernières éditions — devra prévoir au minimum 6 050 euros en catégorie 3, et jusqu’à 14 280 euros en catégorie 1. Le tout hors hébergement, hors transports, hors vols intérieurs, puisque le Mondial 2026 s’étendra sur trois pays et des milliers de kilomètres.
Résultat : une inflation de 370 % par rapport à la Coupe du monde 2022 au Qatar. Une progression qui ferait pâlir n’importe quel indice économique, mais qui semble parfaitement assumée par l’instance dirigeante du football mondial.
Du côté des supporters français, la colère monte. Plusieurs associations dénoncent déjà un scandale, évoquant une véritable « honte du football ». Beaucoup annoncent qu’ils n’iront tout simplement pas. Non par désamour du jeu, mais par refus de cautionner un système qui transforme une passion populaire en produit de luxe, calibré pour les loges, les cartes premium et les expériences VIP.
À force de multiplier les records financiers, la FIFA semble surtout battre un autre record : celui de l’indécence. En 2026, le football se jouera peut-être sur le terrain… mais il se regardera surtout depuis un écran, faute de pouvoir encore se payer une place en tribune. Une Coupe du monde universelle, à condition d’avoir le portefeuille adéquat.