En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...
Massive Attack et Tom Waits : Boots on the Ground, le retour par les tranchées
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Six ans de silence. Tom Waits. Et un brûlot.
Massive Attack revient avec Boots on the Ground, premier single depuis l'EP Eutopia en 2020. Le duo de Bristol convoque l'un des derniers grands poètes maudits de la chanson américaine pour signer ce qui ressemble moins à un retour qu'à une déclaration d'état d'urgence.
Deux voix, une même colère
Robert Del Naja et Grant Marshall n'ont pas choisi Tom Waits par hasard. Sa voix de bitume et de bourbon, son sens du tableau noir, son refus obstiné de toute concession commerciale : autant de résonances avec l'ADN de Massive Attack. Le producteur britannique Burial avait sa nuit. Waits a ses ruelles. Ils se rejoignent ici quelque part entre la désillusion et la rage contenue.
Le titre ne cache pas ses intentions. Boots on the Ground — les bottes sur le sol, le vocabulaire des conflits — vise directement la militarisation rampante de la politique intérieure américaine. Del Naja et Marshall assument : « Dans tout l'hémisphère occidental, l'autoritarisme d'État et la militarisation des forces de police fusionnent à nouveau avec la politique néofasciste. Qu'on la considère dans le contexte de l'état d'urgence américain, ou à travers les yeux des citoyens de Minneapolis ou de Téhéran, ce morceau est empreint d'impulsions cruelles et d'un esprit en dérive. »
Waits, lui, répond avec cette concision qui lui appartient : « La folie et les fiacos des hommes sont un festin pour les mouches. » Moins de dix mots. Suffisants.
Un groupe qui n'a jamais décroché
On aurait pu redouter le retour du groupe politique de service — celui qui sort un single engagé le temps d'un cycle d'actualité avant de retourner au silence. Massive Attack n'a jamais fonctionné comme ça.
En 2021, ils s'associaient au Tyndall Centre for Climate Change Research pour élaborer un plan de restructuration de l'industrie musicale face à la crise climatique — pas un geste symbolique, un rapport de travail concret. En 2024, l'EP Ceasefire, co-signé avec Fontaines D.C. et Young Fires, reversait l'intégralité de ses profits à Médecins sans frontières pour soutenir les opérations humanitaires à Gaza.
L'engagement n'est pas une posture chez eux. C'est la méthode.
Bristol à Lyon
Pour les fans français, l'urgence est pratique autant qu'artistique. Massive Attack revient en France les 10 et 11 juin, dans le cadre des Nuits de Fourvière à Lyon. Les deux dates affichent complet.
Ce n'est pas une surprise. Leur dernier passage remontait à 2025. Et Boots on the Ground pose la question de ce que sera ce live — si le single annonce un album studio, le premier depuis Heligoland en 2010, le concert prend une autre dimension.
Pour l'instant, Massive Attack n'a rien confirmé. Juste un billet. Juste une botte qui frappe le sol.