En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...
Queen Omega : « Feeling Good », vingt ans de roots et cent pour cent dubplates
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« Feeling Good » n'appartient à personne — et à tout le monde. Nina Simone l'a gravée dans les mémoires en 1965. Queen Omega, elle, se l'approprie autrement : voix posée, soul reggae, atmosphère vintage. Le clip officiel vient de paraître. Images cinématographiques, présence scénique sans fioriture. Un morceau classique traversé par une artiste qui sait exactement ce qu'elle en fait. Mais le clip n'est que la surface.
De San Fernando à la scène mondiale
Jeneile Osborne naît autour de 1981 à San Fernando, à Trinité-et-Tobago. Elle grandit dans un bain musical dense — soul, jazz, calypso, musique caribéenne. À neuf ans, elle participe déjà à des concours de talents. Elle écrit ses propres chansons de calypso, apparaît à la télévision locale, chante dans des groupes de soca. La voix est là. L'écriture aussi. Ce qui manque encore, c'est une direction.
C'est le rastafarisme qui la donne. La découverte de cette philosophie réoriente profondément son rapport à la musique. Le roots reggae devient sa langue. Au début des années 2000, elle s'installe en Grande-Bretagne et enregistre son premier album éponyme en 2001. La scène reggae européenne prend note.
Les albums s'enchaînent : Pure Love (2003), Away From Babylon (2004), Destiny (2005), Servant of Jah Army (2008), Together We Aspire Together We Achieve (2012) — ce dernier sous le label Greatest Friends Records, qui entérine la collaboration avec Control Tower. Elle tourne en Europe, au Brésil, aux États-Unis, partage des projets avec Sizzla, Capleton, Marcia Griffiths. En 2024, elle est la marraine de la première édition des Reggae Dancehall Awards, organisée par Dreadlocks TV à Longjumeau — première cérémonie de récompenses reggae physique en France.
Plus récemment, c'est un dubplate qui la propulse dans une autre dimension. No Love Dubplate, réalisé avec le sound system suisse Little Lion Sound, accumule des dizaines de millions de vues en ligne. La culture sound system, Queen Omega l'a toujours portée. Elle en est désormais l'une des figures internationales les plus écoutées.
Vingt dubplates pour vingt ans
Ce qui se célèbre ici, c'est une longévité. Vingt ans de collaboration entre Queen Omega et Control Tower / Greatest Friends Records — deux décennies de roots, de dub, de sound system culture, construites en dehors des circuits mainstream, dans la logique de l'indépendance et du pressage limité.
Pour marquer l'anniversaire, un objet rare : un mixtape composé à cent pour cent de dubplates. Vingt dubplates. Vingt ans. Pas de réédition facile, pas de compilation opportuniste. Des versions enregistrées spécialement, dans la tradition la plus pure du sound system — ces pressages exclusifs que les chanteurs destinent aux selectors, que l'on ne trouve pas sur les plateformes, que l'on s'échange lors des sessions.
Control Tower s'inscrit dans cette nouvelle génération européenne du reggae roots et du dub : productions indépendantes, tirages vinyles limités, diffusion via festivals et réseaux spécialisés. Un écosystème discret, solide, cohérent — à l'image de la carrière qu'il accompagne.
Le clip de « Feeling Good » ouvre ce nouveau chapitre. Il ne le résume pas. C'est une entrée en matière — élégante, délibérée. Vingt ans. Et la chanson tourne encore.