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Bad Bunny, Drake, Beyoncé, Rihanna et Kendrick Lamar victimes d’un vaste trafic de faux vinyles

Une entreprise clandestine installée à Londres a fabriqué et vendu pendant plusieurs années des milliers de faux vinyles de grands artistes internationaux. Bad Bunny, Drake, Beyoncé, Rihanna et Kendrick Lamar figurent parmi les artistes dont les œuvres ont été contrefaites. Le responsable de cette opération, qui aurait généré près de 2,75 millions de livres sterling, vient d’être condamné à trois ans et demi de prison. Le vinyle connaît une nouvelle jeunesse. Et avec lui, un marché parallèle particulièrement lucratif pour les contrefacteurs. Au Royaume-Uni, l'affaire Rehan Ahmed vient de révéler l'ampleur que peut prendre ce phénomène. Cet homme de 40 ans, originaire de Southall, dans l'ouest de Londres, dirigeait une véritable unité clandestine de fabrication de disques dans le quartier d'Acton, sous le nom de Phoenix of Vinyl. L'installation fonctionnait à une échelle industrielle et produisait des copies non autorisées d'enregistrements appartenant à 108 arti...

L'homme le plus riche d'Afrique lance la plus grande levée de fonds du continent.


 
Lagos — Le 14 septembre 2026, l'homme le plus riche d'Afrique a ouvert au grand public l'accès à son joyau industriel. Une opération à 49 milliards de dollars qui doit financer le doublement de la capacité de la raffinerie, mais qui soulève aussi des questions sur les risques pris par des milliers de petits épargnants nigérians.

Sous les néons de la salle des marchés de la Bourse nigériane (NGX), à Lagos, Aliko Dangote a fait sonner la cloche de clôture lundi matin pour marquer le lancement de ce que les analystes qualifient déjà d'événement fondateur pour la finance ouest-africaine. Pour la première fois en soixante-six ans d'histoire de la Bourse nigériane, une raffinerie de pétrole s'ouvre à l'épargne publique.

L'opération porte sur 4,1 milliards d'actions ordinaires nouvelles, proposées au prix unitaire de 525 nairas — soit environ 0,40 dollar. À ce tarif, Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals espère lever jusqu'à 2 150 milliards de nairas, l'équivalent de 1,63 milliard de dollars. Une clause de sur-allocation, activable en cas de sursouscription, permettrait de porter la collecte jusqu'à 2,1 milliards de dollars — de quoi faire de cette introduction en bourse la plus importante jamais réalisée sur le continent africain, devant les précédents records détenus par des groupes bancaires ou télécoms sud-africains et égyptiens.

Une valorisation à 49 milliards de dollars

Au prix d'offre, la raffinerie est valorisée à environ 65 200 milliards de nairas, soit près de 49 milliards de dollars — plus du double du coût de construction de l'usine, estimé à 20 milliards de dollars. C'est un chiffre qui, à lui seul, résume le pari que propose Dangote aux marchés : celui d'une infrastructure stratégique devenue, en l'espace de deux ans, l'un des actifs industriels les plus rentables du pays.

Les documents transmis au régulateur nigérian des marchés financiers dressent le portrait d'une entreprise qui a opéré un redressement spectaculaire. Après une perte nette de 476 millions de dollars sur l'ensemble de l'année 2025, la raffinerie a dégagé un bénéfice net de 1,82 milliard de dollars sur le seul premier semestre 2026, pour un excédent brut d'exploitation de 2,6 milliards de dollars sur la même période. Ce basculement s'explique en grande partie par la montée en puissance opérationnelle du site — désormais exploité à un taux moyen de 83,6 % de sa capacité — et par l'élargissement des marges de raffinage, en partie gonflées au premier trimestre par les perturbations de l'approvisionnement mondial liées au conflit en Iran. Ces marges, qui avaient atteint 33,70 dollars le baril en début d'année, se sont depuis normalisées autour de 24,50 dollars, la société de recherche financière Renaissance Capital tablant sur une moyenne annuelle plus réaliste de 27,55 dollars.

Qui peut investir, et comment

Le ticket d'entrée a été calibré pour rester accessible : la souscription minimale s'élève à dix actions, soit 5 250 nairas — un peu moins de 4 dollars. Au-delà de ce seuil, les demandes doivent être formulées par multiples de cinquante actions. La fenêtre de souscription, ouverte le 14 septembre, se refermera le 13 octobre, avant une cotation effective des titres sur le NGX attendue en novembre.

Pour les investisseurs établis hors du Nigeria, la marche est plus haute : il leur faut obtenir un numéro de vérification bancaire pour non-résidents auprès d'une ambassade ou d'un consulat nigérian, ouvrir un compte auprès du système central de compensation des valeurs mobilières (CSCS), puis passer par un courtier agréé par le régulateur nigérian — un parcours administratif qui nécessite d'anticiper largement l'ouverture de l'offre.

C'est cette accessibilité relative, conjuguée à la notoriété de Dangote, qui a déclenché un mouvement d'épargne populaire inédit. Isah Salisu, un habitant qui a témoigné auprès de la BBC, a retiré 50 000 nairas de ses économies pour investir, espérant voir « son petit capital prendre de la valeur ». Un autre souscripteur, le journaliste Ibrahim Abubakar, a indiqué vouloir acquérir environ 2 850 actions, jugeant la raffinerie « trop grande pour échouer ». Dangote lui-même a affirmé s'attendre à un niveau de demande comparable à celui d'un placement privé réalisé en juillet, qui avait été sursouscrit 3,7 fois.

Un pari qui n'est pas sans risque

Cet engouement populaire inquiète une partie des observateurs. Le Dr Abdulrazak Ibrahim Fagge, spécialiste en économie et en affaires interrogé par la BBC, a qualifié le lancement de l'offre d'« événement historique », tout en mettant en garde contre un excès d'enthousiasme. Le prix des actions, a-t-il rappelé, peut aussi bien baisser que monter une fois la cotation ouverte, exposant les primo-investisseurs à des pertes en capital.

« Ce que les acheteurs potentiels, en particulier les primo-accédants, doivent savoir, c'est qu'ils ne doivent pas investir tout leur argent, ni l'argent dont ils auront besoin dans quelques mois », a-t-il averti, recommandant de ne placer que des sommes dont on peut se passer sur un horizon de trois à cinq ans. Il a également alerté sur le risque d'escroqueries profitant de la méconnaissance du processus boursier chez de nombreux nouveaux souscripteurs, appelant à ne traiter qu'avec des institutions financières officiellement répertoriées.

Ces réserves interviennent dans un contexte où la Bourse nigériane elle-même sort d'une période de volatilité marquée, et où l'introduction de Dangote devrait, à elle seule, faire franchir à la capitalisation totale du marché le seuil symbolique des 200 000 milliards de nairas.

Une décennie de construction, un empire industriel

Le projet de raffinerie avait été annoncé pour la première fois en 2013, avec un budget initial évalué à environ 19 milliards de dollars. Les travaux n'ont réellement démarré qu'en 2017, avant d'être retardés par la pandémie de Covid-19. Construit sur un site de la zone franche de Lekki, près de Lagos, le complexe a nécessité d'importants travaux de remblaiement — plus de 65 millions de mètres cubes de sable ont dû être déplacés pour stabiliser le terrain.

Entrée en production en 2024, l'installation traite aujourd'hui environ 700 000 barils de brut par jour, ce qui en fait la septième plus grande raffinerie au monde à ce jour de mise en service. Elle couvre désormais plus de 70 % de la consommation nationale de produits raffinés, un bouleversement pour un pays qui, bien que premier producteur de pétrole brut du continent, devait jusqu'ici importer l'essentiel de son carburant faute de capacités de raffinage suffisantes. Le site a également profité des tensions d'approvisionnement mondiales pour exporter du kérosène vers d'autres marchés africains, et jusqu'en Europe.

La raffinerie n'est qu'une pièce de l'empire bâti par Aliko Dangote, qui a fait fortune dans le ciment et le sucre avant d'étendre ses activités à seize autres pays africains. Sa société phare, Dangote Cement, reste le premier cimentier du continent. Le milliardaire détient encore 92,3 % du capital de la raffinerie, un chiffre qui restera dominant même après la dilution liée à l'introduction en bourse — la Société pétrolière nationale du Nigeria (NNPC), de son côté, ne détient pour l'instant que 7,2 % du capital, bien en deçà des 20 % initialement promis, faute d'avoir honoré l'intégralité de ses engagements financiers ; elle a toutefois annoncé vouloir remonter à ce niveau.

Et après ?

L'argent levé doit permettre de financer le doublement de la capacité de traitement de la raffinerie, avec un objectif de 1,4 million de barils par jour à l'horizon 2029. Dangote a également affiché l'ambition de faire de son site la plus grande raffinerie mono-ligne au monde d'ici 2028.

Une cotation internationale, à Londres ou à Johannesburg, a été évoquée mais reste lointaine : le directeur général de la raffinerie, David Bird, a indiqué que la société souhaitait d'abord constituer un historique financier audité et public avant d'envisager une telle démarche, ce qui repousserait toute opération de ce type autour de 2029.

Pour l'heure, c'est bien le petit épargnant nigérian — souvent novice en Bourse — qui se retrouve au centre de cette opération hors norme. Reste à savoir si, dans trois à cinq ans, le pari lancé par Aliko Dangote aura tenu ses promesses pour ceux qui, comme Isah Salisu, y ont englouti une partie de leurs économies.


Sources : BBC, Reuters/CNBC Africa, Vanguard News, Renaissance Capital, AllAfrica.