Le 23 octobre, un homme a ouvert le feu à Trappes et à La Verrière. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, a perdu la vie. Cinq personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans. Depuis, les rassemblements se multiplient et les consciences s’éveillent. Reste à savoir ce que l’on fait de cette colère. Notre réponse tient en un geste légal, simple et à la portée de chacun : voter.
Une émotion légitime, une mobilisation nécessaire
Vendredi 23 octobre, au volant d’une voiture, un homme a tiré en rafales sur des passants de Trappes, puis de La Verrière, dans les Yvelines. Le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’affaire. Emmanuel Macron a parlé d’un « attentat terroriste raciste » et d’un « tournant » pour la nation. Le lendemain, des centaines de personnes se sont rassemblées à Trappes, sur les lieux où Pengo a été tué. Les pancartes disaient « Nous ne sommes pas des cibles, nos vies comptent ». Sa salle d’entraînement, l’Atch Academy, le décrit comme quelqu’un qui donnait l’exemple, sur le tapis et en dehors. Ces rassemblements sont justes, et il faut qu’ils continuent. Mais une marche ne dure qu’une journée, alors que le racisme se combat dans la durée.
Le vote, ce que rien ne remplace
Le véritable combat se joue dans les urnes, et c’est là qu’il faut frapper. Le Rassemblement national a tenu son congrès à Orléans les 24 et 25 octobre. Marine Le Pen y a lancé sa campagne présidentielle, et Jordan Bardella a été réélu à la tête du parti avec près de 99 % des voix. Les sondages placent le RN très largement en tête au premier tour. Mais le second tour, lui, se joue à quelques points d’écart selon les scénarios testés. Dans une élection aussi serrée, aucune voix n’est négligeable, et il n’est écrit nulle part que la prochaine présidence soit déjà jouée. Accepter cette idée avec fatalisme, c’est la rendre vraie. Les personnes noires et musulmanes en âge de voter, trop souvent absentes des listes ou des bureaux de vote, ont là un levier considérable. Il ne tient qu’à elles de l’actionner.
Ce que dit le calendrier
Le premier tour aura lieu le dimanche 18 avril 2027 et le second le dimanche 2 mai. Pour voter, il faut être inscrit sur les listes électorales au plus tard le vendredi 12 mars 2027. Cela se fait en ligne sur service-public.fr, en mairie ou par courrier, gratuitement. Il suffit de quelques minutes, d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile. Celles et ceux qui ont déménagé doivent absolument vérifier leur situation. Et pour qui ne pourra pas se déplacer le jour du scrutin, la procuration reste possible. Il y a plusieurs mois pour agir, et il faut s’y mettre dès maintenant.
Une façon de dire que nous sommes chez nous
Nous ne vous disons pas de choisir untel ou untel. Nous vous disons de ne pas laisser d’autres choisir à votre place. Voter est le moyen le plus sûr, le plus républicain, de se défendre contre le racisme, l’intolérance, la xénophobie et l’islamophobie. C’est aussi la meilleure façon de montrer une bonne fois pour toutes que les personnes issues de l’immigration ne sont pas des citoyens de seconde zone, mais le premier terreau de l’avenir de ce pays. Ne laissons pas à d’autres le soin de décider de notre avenir. C’est enfin ce qui peut donner un sens à la mort de Pengo, pour qu’elle ne soit pas vaine. Et c’est le seul langage que comprennent ceux qui se réjouissent en silence de voir la peur s’installer.
« Rentre dans ton pays », entend-on trop souvent. Eh bien, rentrons dans l’urne, et montrons quel est notre pays.