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Artistes et extrême droite : quand le silence devient un choix politique

Dans une publication récente, l’artiste El diablo dit son écœurement face au mutisme d’une partie du showbiz français devant la montée de l’extrême droite. Un coup de gueule brut, sans précaution oratoire, qui repose une question aussi ancienne que la musique populaire : à quoi sert un artiste quand le débat public se durcit ? Un cri de colère, sans filtre Le texte tient en quelques lignes, et chaque ligne claque. El diablo dit que le « silence assourdissant » d’une grosse partie du showbiz français face aux « saloperies d’extrême droite » qui se déroulent « sous nos yeux » le rend « malade ». Il somme ses pairs de se réveiller, d’ouvrir grand leurs gueules, et pose le principe : les artistes ont toujours eu l’obligation morale de dénoncer les tyrans. Le vocabulaire est celui de la rage, pas du communiqué. C’est aussi ce qui fait la force de la publication : elle ne cherche pas à plaire, elle cherche à secouer. Une tradition qui n’a rien de neuf Ce que réclame El diablo n’a rien d’...

Beenie Man s’excuse auprès de Trinité-et-Tobago : le carnaval, ça ne se plaisante pas

Pour la deuxième fois en moins de deux ans, le roi du dancehall doit calmer la colère des Trinidadiens. Après les doubles, c’est l’histoire du carnaval qu’il a malmenée.

Une déclaration qui n’est pas passée

Beenie Man a provoqué la polémique cette semaine lors d’une interview sur Hot 97, la radio new-yorkaise. Il y a affirmé que la Jamaïque célébrait le carnaval avant Trinité-et-Tobago, et il a attribué la paternité de ces festivités à Byron Lee, pionnier disparu de la musique jamaïcaine. L’extrait a circulé sur Internet, et les critiques se sont multipliées sur les réseaux sociaux.

Un raccourci historique

Le carnaval trinidadien plonge ses racines dans la période de l’esclavage, et il en est resté l’une des expressions les plus fortes de mémoire et de liberté. C’est vrai aussi de plusieurs autres îles de la Caraïbe. En Jamaïque, le carnaval à l’échelle nationale n’est apparu qu’au début des années 1990. Prétendre l’inverse revenait à effacer une histoire que les Trinidadiens portent comme un héritage, et non comme un simple divertissement.

Des excuses publiques

Samedi, Beenie Man a publié un message pour réparer l’erreur. « Peuple de Trinité-et-Tobago, laissez-moi clarifier les choses avec amour. Je me suis trompé sur l’histoire du carnaval et je vous présente mes excuses », a-t-il écrit. Il explique avoir mélangé ses souvenirs de l’apport de Byron Lee au carnaval jamaïcain avec l’histoire générale de cette célébration. Il a ajouté : « Votre carnaval possède une histoire riche qui lui est propre, et je la respecte. Je n’ai jamais eu l’intention de manquer de respect à votre peuple ou à votre culture, mais je comprends pourquoi mes propos ont pu offenser. »

Les doubles, premier épisode

Ce n’est pas la première fois que l’interprète de Girls Dem Sugar doit s’expliquer auprès des Trinidadiens. En février 2025, il avait déjà présenté ses excuses après des propos tenus dans le podcast américain Drink Champs sur les doubles, la spécialité de rue emblématique de Trinité-et-Tobago, à base de pois chiches (channa) et de pain frit (bara). L’interprète de Who Am I y racontait qu’un artiste de soca lui avait assuré que les chiens errants refusaient d’en manger. Il avait décidé de tester lui-même l’hypothèse en proposant des doubles à un chien errant, qui n’y avait pas touché.

Ce que ces polémiques disent

Deux sorties, deux excuses, et le même terrain : la fierté trinidadienne, qui ne transige ni avec sa cuisine ni avec son carnaval. Pour un artiste qui dit aimer Trinité-et-Tobago et y séjourner régulièrement, la leçon est simple. La rivalité amicale entre îles caribéennes fait partie du jeu, mais elle supporte mal l’approximation quand il s’agit d’histoire.