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L’Union africaine veut cesser de courir derrière l’urgence de la faim

Réunis à Addis-Abeba, gouvernements, bailleurs et humanitaires cherchent à remplacer la distribution de repas par des solutions qui nourrissent durablement. Le continent compte 309 millions de personnes sous-alimentées, et l’argent extérieur se raréfie. Mardi 3 novembre, le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba a accueilli une rencontre de haut niveau organisée avec la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, sous le thème « Advancing Durable Solutions Towards Zero Hunger in Africa ». L’ambition affichée : cesser de courir derrière chaque crise et bâtir des solutions qui durent. L’urgence, elle, ne laisse aucun répit. Selon le dernier rapport des agences onusiennes sur la sécurité alimentaire, publié en juillet, environ 309 millions d’Africains étaient sous-alimentés en 2025. Pour la première fois, le continent dépasse l’Asie (292 millions) au triste classement de la faim, alors que ce chiffre était de 171 millions en 2010. Et pendant que la faim recule ai...

Basse-Pointe : des 16 aux vagues de Pwent Sonn, une autre histoire s'écrit en Martinique

 

Basse-Pointe accueille cette semaine les Championnats de France Masters de surf sur le spot de Pwent Sonn. Plusieurs dizaines de compétiteurs venus de l'Hexagone et des territoires ultramarins se retrouvent dans le nord de la Martinique pour disputer huit titres nationaux. Un événement sportif majeur pour une commune qui entend renouer avec les grandes compétitions de surf et faire reconnaître une tradition de glisse bien plus ancienne que le surf moderne. Car Basse-Pointe possède une histoire singulière : celle d'une mer puissante, de pêcheurs transmettant leur connaissance de l'océan, d'une population marquée par les luttes sociales, mais aussi celle d'Aimé Césaire et d'un patrimoine colonial dont les traces restent bien présentes. Désormais labellisée « Ville de Surf », elle entend aussi faire parler d'elle pour ses vagues.

Pwent Sonn retrouve les projecteurs du surf français

Depuis ce jeudi 5 novembre, les surfeuses et surfeurs Masters ont rendez-vous sur le spot de Pwent Sonn, à Basse-Pointe, pour les Championnats de France 2026. Organisée par le Madinina Surf Club avec la Ligue de Surf de Martinique et la Fédération française de surf, cette compétition nationale constitue un rendez-vous important pour le surf martiniquais.

Les compétiteurs, âgés de 35 ans et plus, viennent de l'Hexagone, de Guadeloupe, de Saint-Barthélemy et de Martinique. Huit titres nationaux sont en jeu, répartis entre les catégories féminines et masculines des plus de 35, 40, 50 et 60 ans.

Ces catégories Masters ne sont pas de simples compétitions réservées aux anciens sportifs. Elles réunissent des surfeurs expérimentés, certains anciens compétiteurs de haut niveau, d'autres pratiquants de longue date qui continuent de se mesurer aux meilleurs de leur génération. Elles rappellent aussi que la performance sportive ne s'arrête pas à la jeunesse : lecture de vague, engagement, technique et expérience restent déterminants.

Pour la Martinique, accueillir ce rendez-vous représente une reconnaissance sportive importante. Il ne s'agit pas seulement de recevoir des compétiteurs venus de métropole, mais de faire venir sur le territoire une compétition fédérale nationale, de donner de la visibilité aux clubs locaux et de replacer les vagues martiniquaises dans le paysage du surf français.

Le calendrier initial prévoyait cinq jours de compétition, du 4 au 8 novembre. Mais les conditions de houle ont compliqué l'organisation des séries. La compétition, qui a finalement débuté ce jeudi matin, devrait être clôturée dès ce vendredi 6 novembre, faute de vagues suffisamment favorables. Les animations prévues par la municipalité doivent néanmoins se poursuivre durant le week-end.

Cette contrainte météorologique rappelle une réalité propre au surf : contrairement à de nombreuses disciplines sportives, la compétition ne dépend pas uniquement d'un calendrier et d'une infrastructure. Elle dépend aussi de l'océan, de ses mouvements et de conditions naturelles que personne ne peut commander.

Pour Basse-Pointe, l'enjeu dépasse néanmoins ces quelques journées de compétition. La commune souhaite retrouver une place dans les grands rendez-vous de la discipline.

Une vague qui a déjà fait le tour du monde

Ce n'est pas la première fois que Pwent Sonn attire les regards du surf international.

À partir de 2015, Basse-Pointe accueille le Martinique Surf Pro, créé par deux passionnés, Nicolas Clemente et Nicolas Ursulet. Cette compétition professionnelle, organisée sous l'égide de la World Surf League, devient une étape du circuit mondial qualificatif, les Qualifying Series.

Le rendez-vous prend rapidement de l'ampleur. En 2015, une centaine de surfeurs représentant une vingtaine de nationalités se retrouvent sur le spot. L'année suivante, ils sont plus de 140 à venir disputer cette étape caribéenne du circuit.

Les éditions successives attirent des compétiteurs internationaux de premier plan et offrent à la Martinique une visibilité sportive qui dépasse largement les frontières de l'archipel. La qualité des vagues de Basse-Pointe est alors régulièrement saluée par les professionnels et les observateurs du circuit.

Le Martinique Surf Pro se déroule jusqu'en 2018. Depuis, Basse-Pointe n'avait plus accueilli de manifestation de surf d'une telle envergure nationale ou internationale, même si des compétitions régionales ont continué d'animer le site.

Le retour d'un rendez-vous fédéral majeur constitue donc une étape importante. D'autant que les ambitions municipales ne s'arrêtent pas aux Masters. La commune souhaite poursuivre cette dynamique et envisage déjà d'accueillir le Championnat de France de surf en 2027.

Il y a derrière cette stratégie une volonté de développement territorial. Faire venir des compétiteurs, c'est aussi attirer des accompagnateurs, des familles, des visiteurs, des médias et des acteurs économiques. C'est donner une visibilité à des hébergements, des restaurants, des commerces et à l'ensemble du nord de la Martinique.

Mais pour comprendre pourquoi ce retour à Basse-Pointe est cohérent, il faut regarder au-delà des compétitions. Ici, la glisse possède une histoire bien plus ancienne que le surf moderne.

La mer pointoise : un Atlantique qui ne se laisse pas apprivoiser

Au nord de la Martinique, Basse-Pointe occupe une position géographique singulière, dans cette partie septentrionale de l'arc antillais où les eaux de la mer des Caraïbes et celles de l'océan Atlantique se rejoignent.

Sur cette façade exposée à l'Atlantique, la mer impose son caractère. Elle n'a rien des eaux paisibles et protégées de certaines plages touristiques de l'île. Ici, la houle peut être puissante, les vagues impressionnantes et les courants particulièrement forts.

Lorsque les conditions se dégradent, la mer se démonte. Les déferlantes viennent frapper les rochers et les falaises dans un grondement qui rappelle toute la puissance de l'océan. Le spectacle est parfois saisissant, mais il peut aussi devenir dangereux pour ceux qui ne connaissent pas les lieux.

Le spot de Pwent Sonn, également connu sous le nom du Chaudron, est réputé pour ses longues vagues puissantes, notamment ses droites. La vague Zwel, dont la réputation dépasse les frontières de l'île, participe à l'identité du site.

Cette mer exige une véritable connaissance de l'environnement. Les courants, les fonds rocheux et la proximité des falaises imposent aux pratiquants de savoir lire les mouvements de l'eau et de choisir avec précision le moment et l'endroit où ils s'engagent.

C'est précisément ce caractère qui fait la réputation du spot. Les surfeurs ne viennent pas chercher une mer docile, mais une vague exigeante, technique, capable d'offrir des sensations exceptionnelles à ceux qui savent la maîtriser.

Et cette relation particulière entre les habitants et l'océan ne date pas de l'arrivée du surf moderne. Elle plonge ses racines dans une tradition maritime et populaire qui a traversé les générations.

Avant le surf, le Bwa Flo : une tradition de glisse pointoise

Bien avant que le surf ne devienne un sport structuré dans les Antilles françaises, les habitants du nord de la Martinique avaient déjà appris à glisser sur les vagues avec des embarcations rudimentaires.

Cette pratique porte un nom : le Bwa Flo.

À l'origine, le Flo est une embarcation constituée d'un tronc d'arbre léger et travaillé. Utilisé pour la pêche, les déplacements et les activités maritimes, il permettait notamment de rejoindre les navires qui mouillaient au large, lorsque la puissance de la houle empêchait ceux-ci de s'approcher du rivage.

La pratique est ancienne. Des témoignages écrits concernant le Flo dans le nord de la Martinique remontent au XVIIe siècle. Elle est particulièrement associée à Basse-Pointe et à Grand-Rivière.

Avec le temps, le Bwa Flo est aussi devenu un véritable support de glisse. Les pratiquants s'allongeaient sur leur embarcation pour prendre les vagues et jouer avec les mouvements de l'océan.

Dans les années 1970, cette activité était encore populaire dans le nord de l'île. Les souvenirs des anciens pratiquants racontent également une autre évolution : les jeunes de Basse-Pointe s'aventuraient déjà sur les vagues avec des planches de bois, avant que les planches modernes ne se généralisent.

La glisse pointoise ne s'est donc pas construite avec l'arrivée des compétitions internationales. Elle existait déjà dans les usages, les loisirs et la culture maritime de la population.

Les pêcheurs, ces premiers maîtres de la mer

Cette histoire ne peut être racontée sans évoquer les pêcheurs de Basse-Pointe.

Ils étaient les pères, les oncles, les voisins et les amis des premiers pratiquants du Bwa Flo et des jeunes qui s'aventuraient sur les vagues. Des hommes qui connaissaient cette mer depuis toujours, qui en observaient les mouvements et savaient en reconnaître les dangers.

Leurs conseils étaient indispensables.

À Basse-Pointe, se mettre à l'eau ne s'improvisait pas. Il fallait connaître les passages, repérer les mouvements de la houle, comprendre les courants et surtout savoir à quel endroit et à quel moment prendre le large.

Les pêcheurs indiquaient aux jeunes comment se mettre à flot sans risquer d'être emportés et fracassés contre les falaises. Une mauvaise trajectoire, un départ au mauvais moment ou une mauvaise lecture de la vague pouvaient avoir des conséquences dramatiques.

Cette transmission se faisait naturellement, au fil des échanges entre générations. Les pêcheurs partageaient une connaissance de la mer acquise par l'expérience, au cours de leurs années passées à naviguer et à affronter les conditions parfois difficiles du littoral pointois.

Ils ne transmettaient pas seulement une technique. Ils apprenaient aux plus jeunes à respecter l'océan, à comprendre ses mouvements et à ne pas sous-estimer sa puissance.

C'est une mémoire populaire qui mérite d'être préservée. Car derrière les compétitions de surf d'aujourd'hui, les planches modernes et les titres nationaux, il y a aussi ces hommes qui, depuis le rivage, apprenaient aux premières générations de pratiquants comment affronter la mer sans se laisser dominer par elle.

Le Bwa Flo constitue ainsi bien davantage qu'une ancienne embarcation. Il est le témoignage d'une culture maritime et d'une tradition de glisse profondément ancrées dans l'histoire de Basse-Pointe.

Basse-Pointe, désormais Ville de Surf

Cette histoire explique pourquoi l'obtention du label « Ville de Surf », en mai 2025, représente une reconnaissance particulièrement significative pour la commune.

Attribué par la Fédération française de surf, ce label distingue les collectivités littorales qui développent un environnement favorable à la pratique du surf sous ses différentes formes, pour les habitants comme pour les visiteurs.

Il ne s'agit pas uniquement de reconnaître la qualité d'une vague. Le dispositif valorise également la place du surf dans la politique sportive locale, l'accueil des pratiquants, l'éducation, l'inclusion, le développement touristique et la préservation du littoral.

Pour Basse-Pointe, cette distinction vient reconnaître une histoire déjà ancienne et une volonté de faire du surf un véritable élément d'identité territoriale.

La commune dispose d'un site reconnu, d'une tradition de glisse et d'une expérience dans l'accueil de compétitions internationales. Les Championnats de France Masters constituent donc une nouvelle occasion de valoriser ces atouts.

L'enjeu est désormais de transformer ces rendez-vous sportifs en une dynamique durable : développer la pratique auprès des jeunes, soutenir les clubs, attirer des visiteurs, faire travailler les acteurs économiques locaux et inscrire le surf dans une politique de développement du territoire.

Une compétition nationale attire des sportifs, mais également leurs accompagnateurs, des familles, des organisateurs et des visiteurs. Elle donne aussi une visibilité médiatique à une commune qui souhaite faire connaître ses richesses autrement.

Les 16 de Basse-Pointe : une réputation construite dans la douleur

Mais Basse-Pointe est aussi une commune dont le nom reste associé à une affaire qui a profondément marqué la mémoire martiniquaise : celle des « 16 de Basse-Pointe ».

En 1948, la Martinique connaît de fortes tensions sociales. Les ouvriers agricoles des plantations dénoncent leurs conditions de travail et se mobilisent pour obtenir une amélioration de leur rémunération et de leurs conditions d'existence.

Sur plusieurs habitations du nord de l'île, les conflits sociaux s'intensifient. À Basse-Pointe, un différend oppose notamment le syndicat agricole aux propriétaires autour du prix de la tâche de sarclage.

Le 6 septembre 1948, Guy de Fabrique, administrateur de l'habitation Leyritz, est retrouvé mort dans un champ de cannes à sucre. Il a été tué à coups de coutelas. Les circonstances exactes du meurtre n'ont jamais été pleinement élucidées.

Une chasse à l'homme est lancée. Seize ouvriers agricoles sont finalement arrêtés et accusés du meurtre. Ils passent près de trois années en détention provisoire avant d'être transférés en métropole pour être jugés devant la cour d'assises de Bordeaux, en août 1951.

Le procès dépasse rapidement le cadre d'une affaire criminelle. Il devient le symbole d'un affrontement social et politique autour des conditions de travail dans les plantations martiniquaises et des rapports de domination hérités de la société coloniale.

Les seize hommes sont finalement acquittés.

L'affaire demeure l'un des épisodes les plus marquants de l'histoire sociale de la Martinique. Le documentaire de Camille Mauduech, Les 16 de Basse-Pointe, a notamment contribué à remettre cet épisode dans le débat public.

À cette mémoire s'ajoute une expression créole restée dans les esprits : « Negs Basse-Pointe ka haché moun ».

Cette formule brutale, qui a contribué à façonner une réputation parfois sulfureuse de la commune, ne saurait évidemment résumer sa population. Elle témoigne plutôt de la manière dont une réputation collective peut se construire et traverser les générations, au point de finir par masquer la complexité de l'histoire qui l'a produite.

Derrière cette affaire, il y a surtout une histoire de travailleurs agricoles, de revendications sociales, de rapports de force et d'injustice ressentie.

Aimé Césaire, l'autre visage de Basse-Pointe

La commune possède pourtant une autre dimension historique et culturelle majeure : elle est la terre natale d'Aimé Césaire.

C'est à Basse-Pointe que naît, le 26 juin 1913, celui qui deviendra l'une des grandes figures de la littérature francophone et de la pensée anticoloniale.

Poète, dramaturge, essayiste et homme politique, Aimé Césaire est, avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas, l'un des fondateurs du mouvement de la Négritude.

Son œuvre majeure, le Cahier d'un retour au pays natal, publié en 1939, constitue un texte fondamental de la littérature anticoloniale. Son Discours sur le colonialisme, paru en 1950, dénonce avec force les mécanismes de domination et les contradictions du système colonial.

La pensée de Césaire dépasse largement les frontières de la Martinique. Elle a contribué à transformer le regard porté sur l'identité noire, l'histoire des peuples colonisés et leur place dans le monde.

Pour Basse-Pointe, cette filiation représente un patrimoine intellectuel considérable. La commune n'est pas seulement associée à une affaire criminelle ou à une histoire de plantations. Elle a également vu naître un homme dont la pensée a profondément marqué le XXe siècle.

Il existe d'ailleurs un contraste saisissant entre cet héritage intellectuel et l'histoire de l'habitation Leyritz, située sur le territoire communal. Deux dimensions d'une même histoire martiniquaise, qui rappellent combien les trajectoires individuelles et collectives ont été façonnées par les rapports sociaux et coloniaux.

Leyritz : derrière le patrimoine architectural, l'histoire de l'esclavage

À Basse-Pointe, l'histoire coloniale possède également une adresse : l'habitation Leyritz.

Cette ancienne propriété agricole, dont les origines remontent à la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles, fut pendant plus de deux siècles aux mains d'une famille propriétaire de terres et d'exploitations agricoles dans le nord de la Martinique.

Les chiffres donnent une idée de l'importance du domaine. En 1791, l'habitation s'étendait sur 497 hectares et comptait 336 personnes réduites en esclavage.

La production sucrière constituait alors le cœur de l'exploitation. Comme dans les autres grandes propriétés agricoles de la Martinique, la richesse du domaine reposait sur un système économique fondé sur la contrainte, la violence et l'exploitation du travail des esclaves.

La rue des cases-nègres regroupait leurs logements. Après l'abolition de l'esclavage en 1848, les bâtiments continuèrent d'accueillir une main-d'œuvre salariée. À partir de 1853, des travailleurs recrutés notamment en Inde furent introduits en Martinique pour répondre aux besoins de main-d'œuvre des exploitations.

En 1883, cette rue comptait encore 104 chambres. Les travailleurs ne quitteront le domaine que dans les années 1970.

La production sucrière recula progressivement au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, laissant notamment place à la production de rhum.

Aujourd'hui, l'habitation Leyritz constitue un élément du patrimoine architectural martiniquais. Une partie de ses bâtiments a été restaurée à partir des années 1970 pour accueillir un établissement hôtelier et de restauration. Le domaine bénéficie d'une protection au titre des monuments historiques.

Mais derrière les bâtiments anciens, les vestiges industriels et le patrimoine architectural demeure une histoire qu'il serait impossible de dissocier de l'esclavage et de ses prolongements sociaux.

C'est également sur cette habitation que s'est déroulé le drame de septembre 1948 qui conduira à l'affaire des 16 de Basse-Pointe. La mémoire de la plantation et celle des conflits sociaux sont donc intimement liées.

Une commune qui veut désormais écrire une autre page de son histoire

C'est dans ce contexte que les Championnats de France Masters prennent une dimension particulière.

Basse-Pointe possède plusieurs visages. Celui d'une terre de luttes sociales, celui d'un territoire marqué par l'histoire coloniale, celui d'une commune qui a vu naître Aimé Césaire. Mais aussi celui d'un territoire où les habitants ont appris depuis des générations à composer avec une mer puissante, à naviguer sur des troncs d'arbres et à transmettre aux plus jeunes les secrets de la glisse.

Aujourd'hui, cette tradition trouve un prolongement dans le surf moderne et dans la reconnaissance fédérale de la commune.

Le label Ville de Surf, le retour des compétitions nationales et les ambitions affichées pour 2027 constituent autant de leviers pour faire connaître Basse-Pointe autrement.

Reste à inscrire cette dynamique dans la durée, à faire en sorte que les retombées économiques profitent à la population et que les jeunes Pointois puissent pleinement s'approprier cette identité maritime.

Car les vagues de Pwent Sonn n'effaceront ni l'histoire des 16, ni celle de Leyritz, ni l'héritage d'Aimé Césaire. Elles ajoutent simplement une nouvelle dimension à une commune dont l'histoire est loin d'être achevée.

À Basse-Pointe, on a appris depuis longtemps à affronter la mer. Aujourd'hui, la commune entend aussi prendre la vague du renouveau.